Samedi 20 mai, 14h00, local du NPA33

L'échec de la vague révolutionnaire des années 1920 et la contre révolution stalinienne

Lénine meetingC'est sur ce thème que nous terminerons notre cycle de 3 réunions-débat organisées à l'occasion des cents ans de la Révolution russe de 1917.

Les masses russes n’ont pas été les seules à se révolter contre les conditions terribles de la guerre de 14-18. Dès 1917, en écho à la révolution russe, de multiples mutineries avaient éclaté dans les tranchées. Début novembre 1918, en Allemagne, suite à une mutinerie de la marine de guerre, le pays se couvre de soviets. En quelques jours, le kaiser est contraint de laisser place à une République, l’Etat-Major doit demander l’armistice, qui sera effective dès le 11 novembre. La révolution des soldats et de la classe ouvrière allemande a mis fin à la guerre. Et cette révolution allemande de 1918 n’est qu’un des éléments de la vague révolutionnaire qui touche bien d’autres pays, la Hongrie, l’Italie, etc…

Pour Lénine et Trotsky, qui dirigent le gouvernement mis en place par le Congrès des Soviets dès la prise du pouvoir du 28 octobre, ces révolutions qui couvent et se développent dans les autres pays européens ont une importance cruciale. Ils savent que la révolution russe ne pourra tenir que si d’autres révolutions sont victorieuses ailleurs, principalement en Allemagne. Sinon, ce sera à coup sur la restauration de l’ancien régime, avec les massacres de révolutionnaires qui ne manqueront pas de l’accompagner, à l’image de la Semaine sanglante qui avait liquidé la Commune de Paris de 1871.

Mais ils pensent aussi que l’existence du pouvoir des soviets est un atout précieux pour autres mouvements révolutionnaires, du fait, entre autres, de l’expérience acquise par le parti bolchevik. La défaite de la révolution allemande en janvier 1919 suite à une tentative d’insurrection prématurée qui sera lourdement réprimée et au cours de laquelle Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront exécutés, montre toute l’urgence qu’il y a à partager ces « Leçons d’octobre ». Cela se concrétise par la création de la IIIème internationale qui tient son premier congrès en mars 1919 et la naissance de ses multiples sections nationales, les partis communistes.

La Russie des soviets est alors en plein guerre civile, devant faire face aux armées blanches constituées par les officiers et les nobles de l’ancien régime, soutenues par la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis. Il faut mobiliser pour cela toute les ressources humaines et matérielles d’un pays déjà ruiné. C’est le « communisme de guerre », fait de reculs démocratiques, de réquisitions, de répression, créant des ruptures profondes dans la société soviétique. La guerre civile s’achève par la victoire de l’Armée rouge fin 1922 mais la vague révolutionnaire européenne sur laquelle comptaient les bolcheviks a été vaincue. En Italie, après « deux années rouges » d’effervescence sociale, c’est le fascisme de Mussolini qui s’installe pour faire régner l’ordre social…

En URSS, le bilan économique et politique est désastreux. La démocratie soviétique si bouillonnante des débuts s’est vidée de son contenu. Ses artisans les plus conscients ont constitué l’ossature de l’Armée rouge, beaucoup y ont laissé leur vie. Les décisions indispensables au fonctionnement du jeune Etat ouvrier sont alors prises de façon administrative. Une bureaucratie s’est installée dans la place laissée libre par le recul de la démocratie et tire profit de sa situation privilégiée. A sa tête se trouvent les sommets de l’appareil du parti communiste, dont Staline, son secrétaire général.

Lénine, pendant les quelques mois qui précèdent sa mort en janvier 1924 et Trotsky, pour qui cela deviendra le combat du restant de sa vie, s’attaquent à la lutte contre la bureaucratie, tentent de régénérer les relations démocratiques.

Mais c’est finalement elle qui va imposer sa loi, ne reculant devant aucun crime pour défendre ses privilèges. Au nom du « socialisme dans un seul pays », la dictature stalinienne assujettit le mouvement communiste international à ses intérêts, réalisant en fin de compte cette contre-révolution contre laquelle Lénine et Trotsky n’ont cessé de mener le combat.

Aujourd’hui encore, ceux qui combattent les marxistes révolutionnaires prétendent que le stalinisme aurait été contenu en germe dans le bolchevisme, dans de prétendus penchants dictatoriaux, voire sanguinaires de Lénine et de Trotsky…

L’histoire nous montre qu’il est, bien au contraire, le produit monstrueux d’une guerre des classes terrible qui s’est jouée en quelques années sur le terrain international et dans laquelle la vague révolutionnaire née de la guerre a été vaincue, laissant la Russie des soviets isolée entre les mains des gangsters staliniens.

Cette guerre des classes continue de plus belle aujourd’hui dans un monde dirigé par un capitalisme mondialisé en faillite.

Face à cela, l’urgence de la construction d’un parti des travailleurs capable de jouer dans le monde actuel le rôle central qu’a joué il y a cent ans le parti bolchevik est plus que jamais posée.