macron webMacron vient donc d’être intronisé Président. Il été élu avec plus de 66 % des suffrages exprimés, reléguant Le Pen loin de ce qu’elle et le FN espéraient. Le Pen a obtenu 10,6 millions de suffrages, un chiffre qui ne peut qu’inquiéter, mais néanmoins nettement inférieur aux 16,17 millions d’électeurs qui ont refusé de participer à la mascarade de ce second tour. Malgré les appels de tous bords à se soumettre au jeu des institutions, 25,38% des électeurs ne sont pas allé voter, et parmi ceux qui se sont déplacés, 11,49 % ont voté blanc ou nul, un record sous la 5ème république ! Des chiffres qui sont bien plus élevés encore parmi les classes populaires et la jeunesse, sans compter les millions de personnes privées du droit de vote et ceux qui ont fait le choix de ne pas s’inscrire.

Nous avons donc un président « ni de droite ni de gauche », mais… « en marche » de Bayrou à Villepin en passant par Lemaire, Estrosi ou les amis de Juppé… et de Le Drian à Valls, Le Foll, Cohn-Bendit et bien d’autres… Le choix est large dans les anciens partis discrédités par plus de trente ans à se partager le pouvoir au service du patronat et de la finance : leurs écuries sont pleines de ceux qui cherchent un strapontin de secours… Sans compter tous les nouveaux venus qui se pressent, l’appétit aiguisé, autour de ce président « hors du système »… passé par l’ENA et l’Inspection des finances à Bercy avant de devenir banquier d’affaire chez Rothschild puis conseiller de Hollande finalement promu ministre de l’économie… un CV très antisystème s’il en est… complété par la ridicule mise en scène du petit roi marchant au son de la neuvième symphonie de Beethoven dans la cour du Louvre privatisé pour l’occasion !

« Dans le Macron tout est bon pour les patrons »

Le programme de Macron est sans ambigüité, amplifier l’offensive menée contre les salariés, les chômeurs, les classes populaires et la jeunesse au sein du gouvernement Valls-Hollande. Celui qui, alors ministre, affichait tout son mépris de classe en traitant les ouvrières grévistes de Gad, en Bretagne, d’ « illettrées », estime que la loi Travail n’a pas été assez loin pour les patrons. Il leur promet une nouvelle réforme de l’indemnisation chômage simplifiant les possibilités de radiation et réformant son financement par une hausse de 1,7 % de la CGS qui amputera tous les revenus, dont ceux des retraités à partir de 1200 euros de retraite. Il entend également reprendre l’offensive contre les retraites en instaurant un système unique à points… et gouverner par ordonnances !

Regrouper tous ceux qui veulent construire un autre avenir, en toute indépendance

La défiance est grande vis-à-vis du gouvernement et si la politique des capitalistes et de ses serviteurs de tous bords est claire, la situation sociale reste très ouverte et incertaine. Au sein de la jeunesse, dans le monde du travail, dans les quartiers populaires, la révolte est profonde.

Elle s’est entre autre exprimée dans l’abstention et le vote blanc. Et elle s’est aussi largement exprimée dans la sympathie rencontrée par Philippe Poutou, candidat ouvrier, anticapitaliste et révolutionnaire, et de façon un peu différente par Nathalie Arthaud qui ont tout deux su exprimer la révolte des classes populaires, en totale rupture avec les autres candidat-e-s et partis liés au système et à son service.

C’est dans cette continuité que le NPA sera présent et fera campagne dans les 1ère, 4ème et 7ème circonscriptions de Gironde pour les législatives du 11 juin prochain. Et là où nous n’avons pas les moyens financiers de nous présenter, le NPA appellera à voter pour les candidat-e-s de Lutte Ouvrière.

Et au-delà, l’urgence est à regrouper toutes celles et ceux qui ne comptent que sur eux-mêmes, sur nos mobilisations et nos luttes pour imposer les exigences du monde du travail, posant pour cela la question du pouvoir, de qui contrôle et dirige la société, et de l’émancipation du travail.