regression socialeLe mouvement de Macron est arrivé largement en tête du premier tour des législatives et il est assuré d’une majorité écrasante à l’Assemblée – plus de 400 sièges sur 577 – dont il va se servir pour tenter de casser les droits sociaux et démocratiques des travailleurs et de la population… avec l’appoint des députés de droite et de ce qu’il reste du PS, tous prêts à « faire réussir la France » comme ils disent !

Un profond désaveu

Plus de 51 % des électeurs se sont abstenus, et ceux qui ont voté ont majoritairement voulu rejeter les partis qui se sont partagé le pouvoir pour mener l’offensive depuis plus de trente ans. Une page est tournée. Ces élections illustrent s’il le fallait le caractère totalement antidémocratique de la Ve République mise en place par De Gaulle pour assurer la stabilité du pouvoir des capitalistes.

Macron, chouchou du grand patronat, pur produit des institutions, des banquiers et du battage médiatique, s’est hissé sur les ruines des grands partis de l’alternance gouvernementale, la droite et le PS, discrédités par leurs politiques d’austérité… avec en réalité seulement 16 % des voix des inscrits !

Une offensive sans précédent contre les travailleurs et la population

La réforme du Code du Travail que le gouvernement veut boucler pendant l’été généraliserait la négociation par entreprise, permettant aux patrons, là où il est plus difficile de se défendre, d’imposer des conditions inférieures à celles des conventions collectives et du Code du travail en matière d’horaires, de salaires, de conditions de travail…

Elle plafonnerait les indemnités prudhommales versées en cas de licenciement abusif et imposerait la fusion des institutions représentatives du personnel.

Suivraient une réforme de l’assurance-chômage, le remplacement des cotisations salariales par une hausse de la CSG, puis une nouvelle réforme des retraites conduisant à la suppression du système par répartition et à la réduction de toutes les pensions.

Par ailleurs, le gouvernement veut prolonger l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre, en attendant d’intégrer à la loi toutes les mesures qualifiées pour l’instant d’exceptionnelles : perquisitions, saisies des données numériques, ordinateurs et portables, interdictions de manifester…

Construisons une opposition militante, ouvrière et populaire au gouvernement et aux patrons

Le gouvernement compte sur la passivité des directions des confédérations syndicales qui ont accepté de s’engager dans des rencontres bilatérales. Ce prétendu « dialogue » entre les directions syndicales et nos adversaires n’ont qu’une fonction : essayer de duper les travailleurs. Macron a annoncé qu’il allait légiférer par ordonnances, sans même un débat à l’Assemblée, et le plus vite possible. Le gouvernement et le patronat ne craignent qu’une chose, que les travailleurs et la jeunesse entrent en contestation, disent qu’ils ne sont pas d’accord.

Les scores obtenus par les candidats du NPA et de Lutte Ouvrière (pour qui nous appelions à voter là où le NPA n’était pas présent) sont très modestes, mais ils sont précieux. Celles et ceux qui ont voté pour le NPA et LO ont exprimé un vote de classe, indépendant et lucide. Nous avons dit clairement que nous ne sommes pas dupes, que nous savons que ce n’est pas sur le terrain institutionnel mais sur le terrain de la lutte de classe que nous pourrons renverser le rapport de forces.

Des initiatives sont en préparation. Des syndicats et associations rassemblés dans un « Front social » appellent à manifester lundi prochain, 19 juin, dans plusieurs villes. A Bordeaux le RV est à 18h30 à la Victoire. Des grèves sont programmées à EDF, dans les transports (SNCF et TBM le 26 à Bordeaux), à l’Inspection du Travail, à Ford Blanquefort le 7 juillet, des grèves et manifestations sont prévues le 27 juin. Il est important d’essayer de faire converger ces luttes, et partout, dans nos syndicats, nos entreprises, dans la jeunesse, nous portons la nécessité de contester le pouvoir de la minorité qui mène le monde à une régression sans précédent. Plus que jamais il nous faut défendre nos vies, notre avenir, face à leurs profits.

Disons non à la régression sociale, préparons l’affrontement avec ce gouvernement !

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