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Le gouvernement a présenté les ordonnances destinées à dynamiter le Code du travail, dans le prolongement des lois Rebsaben, Macron, El Khomri. C’est une attaque sans précédent contre les salariés qui confirme qu’il n’y avait rien de bon à attendre des 48 « rencontres bilatérales » dans lesquelles le gouvernement a réussi à enfermer les confédérations syndicales, après les élections présidentielle et législative. Sans surprise, les ordonnances de Macron sont là pour satisfaire Gattaz, président du MEDEF, pour qui ce n’est qu’une « première étape » !

Les exigences du Medef par ordonnances

Pour le Medef et le gouvernement, il faut en finir avec les quelques protections contenues dans le Code du travail. Il s’agit d’assurer plus de « liberté » et de « sécurité »… aux chefs d’entreprise et à leurs bénéfices !

Le plafonnement de l’indemnité pour « licenciement abusif » à un niveau ridiculement bas encouragera les patrons à licencier, même illégalement, les salariés dont ils veulent se débarrasser.

La « rupture conventionnelle collective » à la place de l’obligation de présenter un « plan social » ou l’estimation de la « santé économique » d’un  groupe multinational sur le seul territoire national, permettront de licencier plus facilement.

L’inversion de la « hiérarchie des normes » permettra à une entreprise de « négocier » avec ses représentants syndicaux – ou dans les petites entreprises, directement avec les salariés – une baisse ou la disparition de toutes les primes, y compris celles qui étaient garanties par la Convention collective, en pratiquant le chantage à l’emploi, à la fermeture ou à la délocalisation.

Quant à la durée des CDD ou de l’intérim, le nombre de contrats et les renouvellements possibles, ils pourront être modifiés selon les branches, accroissant encore la précarité des emplois. Le gouvernement veut même généraliser le « contrat de chantier », véritable casse du CDI qui prévoit le licenciement dès la signature du contrat de travail !

Macron et Philippe ont l’arrogance de présenter ces mesures comme un moyen de lutter contre le chômage ! Nous le savons tous, « libérer » les licenciements et la précarité ne sert qu’à augmenter l’exploitation pour en soutirer plus de bénéfices… qui se portent d’ailleurs très bien à l’image des entreprises du CAC 40 qui ont engrangé 75,4 milliards d’€ sur toute l’année 2016 (+32 %) et qui en sont déjà à 52 milliards sur le premier semestre 2017.

Tous attaqués, tous ensemble le 12 septembre

Macron veut taper vite et fort, faire sauter tout ce qui peut limiter le permis d’exploiter. La suppression des « emplois aidés » a précipité d’un coup 150 000 travailleurs parmi les plus précaires à Pôle Emploi… au nom de la lutte contre le chômage ! Les conséquences sont désastreuses pour les services publics, les écoles, etc.

Les attaques sont tout azimut : augmentation de la CSG qui va amputer les retraites et les salaires ; suppression de 120 000 postes dans la Fonction Publique, rétablissement du jour de carence et gel des salaires des fonctionnaires ; annonce de la fin du régime spécial des cheminots ; baisse de 13 milliards des dépenses annuelles de fonctionnement des collectivités locales d’ici 2022…

Dans le même temps, le gouvernement prévoit la baisse de l'impôt sur les bénéfices de 8 % en cinq ans pour les patrons, la suppression de l'impôt sur la fortune et la baisse de l'imposition du capital à 30 %... Macron mène sans tabou une politique de classe, une attaque globale au service des plus riches, des patrons, des actionnaires.

Le 12 septembre et après, nous devons nous aussi mener notre propre politique de classe. Cela signifie en finir avec ce « dialogue social » XXL des Macron et Pénicaud qui ne vise qu’à nous paralyser. Cela signifie aussi discuter des suites sur nos lieux de travail, nous organiser, prendre en main nos propres luttes pour défendre nos droits et les intérêts collectifs de toute la société.