82D’après les discours officiels, 2017 aurait été l’année de la « reprise »… pour les plus riches, et dans des proportions particulièrement révoltantes.

Selon un rapport que vient de publier l’Oxfam, « Le nombre de milliardaires a connu l'année dernière sa plus forte hausse de l'histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. Leur richesse a augmenté de 762 milliards de dollars en douze mois […] sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. 82 % des richesses créées l'année dernière ont bénéficié aux 1% les plus riches, alors que la situation n'a pas évolué pour les 50 % les plus pauvres.

Les travailleuses et travailleurs pauvres s'échinent sur des tâches dangereuses et mal rémunérées pour alimenter l'extrême richesse d'une minorité »...

« S’échinent », avant d’être jetéEs à la rue par milliers comme l’annoncent actuellement PSA, Carrefour et bien d’autres, assis sur des profits exorbitants.

 

Ces annonces sont tombées au moment même où se tenait à Davos le grand cirque annuel de cette minorité de parasites, « l'élite des décideurs mondiaux » comme dit la presse. Et ça n'est pas un hasard si Macron y a été accueilli « comme une rock star par une salle comble » (Les Echos) : il est un des acteurs zélés de cette aggravation des inégalités sociales au bénéfice des plus riches, celui qui a réussi à imposer, pour l'instant, des reculs à la classe ouvrière française sans provoquer de mouvement social d’ampleur.

Et de « conseiller » dans son discours aux multinationales de « renoncer à l'optimisation fiscale à tout crin », de prôner un « nouveau contrat mondial » face à une mondialisation « qui tire le monde vers le bas », car sinon, prévient-il, « les extrémismes gagneront dans 10 ou 15 ans dans tous les pays »… Comme si ça n'était pas lui « qui tire le monde vers le bas » !

« L’optimisme règne à Davos, faut-il s’inquiéter ? » titrait le journal la Tribune. C'est que leur « optimisme » ne peut masquer les menaces bien concrètes qui planent sur « leur monde » : crise financière majeure, instabilité géopolitique, dérèglements climatiques qui perturbent le « bon déroulement » des affaires, montée de la révolte sociale qui naît des conditions de plus en plus insupportables qui sont faites aux travailleurs et aux peuples, des inégalités que décrit le rapport Oxfam.

En France, si Macron et le Medef ont réussi à mener pour l’instant leur offensive, on assiste à de nombreuses luttes sociales, dispersées mais bien vivantes, que ce soit contre des licenciements, des fermetures d’entreprises mais aussi dans la Santé, ou encore parmi la jeunesse, dans les lycées et les universités.

A une toute autre échelle, il y a quelques semaines, c’est en Iran que s’est levée la jeunesse. N’hésitant pas à braver la dictature, elle exprime dans la rue sa soif de liberté, son exigence de vivre dignement de son travail. Sa volonté également d’en finir avec le poids de l’intégrisme religieux, en premier lieu subi par les femmes. C’est aussi en Tunisie que la contestation sociale a repris le chemin de la rue, pour s’opposer à des mesures d’austérité prises par le gouvernement. L’occasion pour la jeunesse, les travailleurs de rappeler que les forces sociales qui avaient renversé en 2011 la dictature de Ben Ali n’ont pas rendu les armes, qu’elles sont toujours prêtes à se mobiliser pour faire respecter leurs droits.

Ces mobilisations sociales, la force qu’elles trouvent pour s’organiser, braver les interdits, affronter la répression portent en elles la seule alternative au capitalisme en faillite : celle d’un monde débarrassé de l’exploitation, dans lequel les richesses immenses produites par le travail servent à satisfaire les besoins de chacunE et non plus à enrichir quelques dizaines de parasites.

Editorial d'Anticapitalistes ! n°78