Partout dans le pays, des travailleuses et travailleurs sont en grève pour l’emploi, contre les licenciements, contre la casse sociale, la casse des statuts, pour les salaires... De la SNCF à Air France, à Carrefour, aux Postiers ou aux Fords… la colère et le ras-le-bol explosent.

Les luttes se multiplient et quelles que soient les revendications de chacun, elles forment une seule et même lutte contre les attaques des patrons et du gouvernement. Elles sont autant d’éléments d’un même mouvement pour stopper l’offensive contre le monde du travail.

Le gouvernement ne semble plus si sûr qu’il n’y aura pas de « convergence des luttes ou de coagulation des mécontentements » parce qu’il n’y aurait pas de « convergence des problématiques » comme il disait fin mars. Macron, qui prétendait rester au-dessus de la mêlée, est allé se faire interviewer pour « expliquer sa réforme » aux cheminots... dans une école. Tout un symbole... ridicule.

Mais pas besoin de nous faire la leçon, on a bien compris qu’il s’agit d’une attaque frontale contre tous les salariés du public et du privé, pour permettre à l’Etat de faire des économies, de payer la dette aux banques, et aux actionnaires de faire plus de profits. Edouard Philippe voulant impressionner les cheminots grévistes n’a fait que le confirmer : « Certains sujets ne sont pas négociables : l’ouverture à la concurrence, la réorganisation de l’entreprise et la fin du recrutement au statut. Nous n’y reviendrons pas... ». Et quand il ajoute «ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas ouvert aux discussions pour parler des modalités », il ne fait que souligner davantage que le « dialogue social » n’est qu’une farce, poussant même certaines organisations syndicales qui étaient prêtes à jouer ce jeu à crier à « une véritable mascarade ».

La grève bouscule tout le monde. Elle est l’arme des travailleurs et il a suffit d’une journée, le 3 avril, premier jour de la grève des cheminots pour que la seule actualité devienne ce que pourraient faire les travailleurs. Tout d’un coup quand les travailleurs se mettent en colère et arrêtent de travailler, le pays entier réalise que sans notre travail, plus rien ne fonctionne ! Pas de train sans cheminot, pas d’avion sans salariés, pas de courrier sans facteur, pas de supermarché ouvert sans caissières ou personnel dans les rayons… La démonstration que c’est bien nous qui faisons tourner la société et non ceux qui nous insultent pour servir leurs commanditaires, les grands patrons et les financiers.

Alors oui, ce sont bien les luttes, la grève des salariés du public et du privé, la jeunesse, qui peuvent changer la donne !

Le gouvernement répond par la répression, comme à Notre-Dame-Des-Landes, où 2500 gendarmes mobiles ont été envoyés pour évacuer la ZAD par la force. Fin mars, notre camarade Gaël Quirante, militant révolutionnaire du NPA et Sud PTT, a été licencié par la direction de la Poste avec l’aval de la ministre du Travail. Ce climat encourage de petites milices d’extrême droite à faire des descentes pour casser les étudiants en lutte, dans les facs, à Montpellier, à Tolbiac...

Le gouvernement a beau essayer de faire croire que « nous ne sommes pas dans une logique guerrière, pour savoir qui gagne et qui perd », c’est bien de cela qu’il s’agit. Le mouvement qui est engagé est politique, pas au sens institutionnel de changer de majorité parlementaire, ce qui semble être la préoccupation de nombre de partis de gauche, mais au sens que la lutte et les revendications posent le problème de qui doit décider, qui doit imposer son contrôle sur toute la marche de la société : les travailleurs et leurs assemblées de lutte ? ou les capitalistes et les gouvernements à leur service ?

Alors, c’est sûr que c’est maintenant qu’il faut s’y mettre, qu’il faut profiter de ce que d’autres ont ouvert la voie !

Aucun secteur ne peut gagner seul contre l’offensive que nous subissons. Nous n’avons pas le choix ! Face aux attaques concertées du gouvernement et du patronat, la seule réponse est d’entrer toutes et tous en lutte, de faire converger nos colères, nos revendications pour déboucher sur un mouvement d’ensemble. Il nous faut construire, rejoindre le mouvement, nous coordonner avec les secteurs déjà en lutte et dès maintenant, préparer la grève du 19 avril. Face au patronat et à la bourgeoisie qui n’ont jamais été aussi riches, il est l’heure de rendre les coups.

Editorial d'Anticapitalistes ! n°80