vignette meeting mai68On ne pouvait espérer meilleur cinquantième anniversaire de la grève générale et du mouvement de contestation de mai 68 que ce printemps 2018 qui voit la convergence des luttes et des mécontentements mis à l’ordre du jour par les cheminots, les travailleurs des EPHAD, d’Air France, de la Poste, de Ford ainsi que la jeunesse étudiante.

Macron avait dit vouloir commémorer 68, il avait convié pour cela son nouvel allié Daniel Cohn Bendit, il voulait faire mieux que Sarkozy qui prétendait « liquider l’héritage de 68 », en anesthésier la mémoire même en la vidant de tout contenu contestataire, radical, révolutionnaire, le banaliser en l’intégrant à ce qu’ils appellent leur « récit national ».

C’est loupé !

Les ruses de l’histoire lui jouent un mauvais tour. La grève des cheminots, les mobilisations dans les facs, l’idée de la convergence des luttes et des mécontentements, le mouvement qui mûrit aujourd’hui rentrent par trop en résonance avec 68, la commémoration est par trop vivante et concrète, dynamique, pour ne pas ridiculiser les velléités des imposteurs et les mettre à nu.

Mai 68, la grève générale la plus puissante qu’ait connue le pays, 10 millions de grévistes, la contestation de la jeunesse, le renouveau des idées révolutionnaires ne peuvent s’intégrer à leur « récit national ».

Ils appartiennent à l’histoire du mouvement ouvrier, des luttes d’émancipation pour la conquête du bien-être, de la démocratie, de la liberté.

La révolution de 68 n’est pas une question hexagonale. Elle s’inscrit dans un mouvement de révolutions et de révoltes internationales, les luttes d’émancipation nationale des peuples dominés qui mirent fin au colonialisme, la conquête par les Noirs américains des droits civiques, la fin du régime abject de la ségrégation, les mouvements contre la dictature stalinienne dans les pays de l’Est, les luttes des

femmes pour l’égalité des sexes…

Les luttes d’émancipation ignorent les frontières.

« Cours camarades, le vieux monde est derrière toi »…

Ce n’était qu’un début, disait-on alors, le combat continue… Oui, nous continuons le combat, sans nostalgie ni commémoration mais pour inscrire nos luttes dans la continuité de la contestation sociale et politique. La bourgeoisie a réussi à intégrer les transformations imposées par les révoltes des travailleurs et des peuples, de la jeunesse, à les récupérer, à les corrompre par la concurrence, le marché, l’argent. La finance semble régner sans partage sur le monde au prix d’une régression sociale globalisée, d’un état de guerre permanent, d’une menace écologique sans précédent.

Sa politique et celle des Etats qui lui sont entièrement soumis menacent la société d’un nouveau krach financier qui pourrait entraîner l’économie dans la récession.

Les luttes et révolution des années soixante ont bouleversé le monde sans réussir à en finir avec la domination de la propriété privée capitaliste. C’est la seule issue à l’offensive dévastatrices des forces réactionnaires que le monde connaît aujourd’hui.

La principale leçon de Mai 68, il n’y a pas de progrès et de justice, d’égalité sans intervention des travailleurs, des classes opprimées, des jeunes sur le terrain social et politique, est d’une brûlante actualité.

L’offensive de Macron contre nos droits pour le compte d’une minorité de parasites de la finance en est l’illustration.

Le mouvement qu’a initié la grève des cheminots n’en est qu’à ses débuts, « le début d’une lutte prolongée » comme l’on disait en 68, une lutte pour la transformation révolutionnaire de la société afin que celles et ceux qui produisent les richesses et font marcher la société la dirigent et la contrôlent.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste vous invite à venir en discuter avec Alain Krivine, Yvan Lemaitre et Philippe Poutou.

mardi 22 mai, à 20h, Athénée Municipal, place St Christoly à Bordeaux

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