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Selon la mythologie de la construction européenne, tout le mérite reviendrait à quelques pères fondateurs – Schuman et sa fameuse déclaration, Jean Monnet et sa « Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier », Konrad Adenauer…- , à qui il est d’usage de rendre hommage, de temps à autre, pour rappeler les valeurs que prétendument ils portaient : paix, démocratie, perspectives de développement et d’harmonie pour les peuples après un demi siècle de barbarie et de massacres sans précédents…

La réalité est plus prosaïque… Le processus enclenché dès la fin de la 2ème guerre mondiale et qui se concrétise à partir de 1950 par la constitution de la CECA entre la France et la RDA répond tout d’abord aux besoins de la bourgeoisie des deux puissances qui viennent de se détruire mutuellement, l’Allemagne, alors réduite à la RDA, et la France. Il s’agissait pour elle de coordonner un certain nombre de moyens de production, d’élargir les marchés ouverts à leur marchandises. Elles y étaient par ailleurs fortement poussées par les Etats-Unis qui investissaient fortement dans la reconstruction de l’Europe en ruine mais avaient besoin, pour que ces investissements prospèrent, d’un climat propice aux affaires et au libre échange…

UE chrono

Chronologie sommaire

Pendant presque un quart de siècle, la construction européenne connaissait une progression relativement lente. En 1957, les deux « pays fondateurs » étaient rejoints par l’Italie, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg (Europe des 6). Cette union prenait le nom de CEE (Communauté économique européenne, traité de Rome). Il faudra attendre 1973 pour que la Grande Bretagne, l’Irlande et le Danemark rejoignent à leur tour la CCE. Ce processus se déroulait alors que le monde était l’objet de profonds changements qui marquaient la fin de la période de l’impérialisme classique, initié à la fin du 19ème siècle. Dès la fin de la deuxième guerre mondiale commençait un vaste mouvement de révoltes et de guerres d’émancipation coloniale. Le monde était alors le théâtre de la guerre froide qui opposait les grands vainqueurs de la guerre, les USA d’une part et ses alliés, champions d’un prétendu monde libre, et l’URSS stalinienne, régnant sur les pays d’Europe de l’Est et des Balkans. La guerre du Vietnam, qui a duré 20 ans, était en même temps le prolongement du mouvement d’émancipation qui avait permis au peuple indochinois de se débarrasser du colonisateur français, et de la politique visant, pour les USA, à stopper l’expansion des territoires prétendument communistes.

Lorsque la guerre du Vietnam s’achève en 1975 sur la défaite des USA, le monde « libre » est plongé dans une crise économique profonde. Le période de développement qui a accompagné, en Europe et aux Etats-Unis la reconstruction (connue en France sous le terme trompeur de « trente glorieuses », ailleurs comme « années d’or »), débouche sur une crise des profits, la crise des années 1970. Crise anticipée par l’explosion de « mai 68 », un peu partout dans le monde. Acculée par la crise, les bourgeoisies des pays impérialistes entament, avec Reagan aux USA et Thatcher en Grande Bretagne, bientôt suivis par les gouvernements français et allemands, une vaste offensive contre leurs propres classes ouvrières. En même temps, profitant du fait que les guerres de libération coloniale ont détruit les barrières érigées par les impérialismes anglais et français autour de leurs anciens empires, commençait une nouvelle phase d’expansion du capitalisme, avec la constitution de multinationales, le début de la mondialisation libérale financière. On entrait dans une nouvelle ère…

En 1981, date caractéristique de cette nouvelle ère, la Grèce rejoignait la CEE. Puis, en 1986, l’Espagne et le Portugal. Le traité de Rome qui régissait la CEE depuis 1957 était complété par de nouvelles conventions : l’Acte unique européen, signé entre les 12 Etats en février 86. A noter que d’autres accords avaient été passés entre les divers protagonistes : janvier 62, début de la PAC, politique agricole commune ; juillet 1968, constitution de l’Union douanière ; en juin 1985, les accords de Schengen (RDA, France, Belgique, Hollande, Luxembourg) initiaient la suppression graduelle des contrôles aux frontières. Il était complété en 1990 et étendu à l’ensemble de l’Espace Schengen en 1995.

En 1986, on était très proches, sans le savoir, de l’effondrement de l’URSS et de la dislocation de sa zone d’influence. On a évoqué plus haut le contexte de guerre froide qui s’était instauré dès la fin de la deuxième guerre mondiale entre les deux blocs constitués d’une part des USA et des puissances européennes, d’autre part de la zone contrôlée par l’URSS stalinienne. Dès 1949, les puissances « occidentales » s’étaient dotées, à l’initiative des USA qui en assuraient l’essentiel, d’une puissante organisation militaire, l’OTAN, dont les bases étaient clairement disposées de façon à s’opposer à toute avance du bloc soviétique en Europe de l’Ouest. L’URSS avait riposté en 1955 en créant une puissance militaire symétrique, par le pacte de Varsovie.

Dès 1948, l’Europe se trouvait ainsi partagée en deux par le « rideau de fer ».

UE Europe 1948

L'Europe après 1948

Mais en novembre 1989, le mur qui coupe Berlin en deux était renversé. C’était le signe que la fin avait sonné pour l’URSS et la bureaucratie, minée par sa propre incurie. Elle n’avait plus les moyens de s’opposer à l’émancipation des peuples qu’elle maintenait sous sa férule depuis des décennies, comme elle avait pu le faire en 1956 contre les révolutions en Pologne et en Hongrie, en 1968 contre le Printemps de Prague, plus tard, en1980 en Pologne, contre le mouvement mené par Solidarnosc. Le 26 décembre 1991, l’URSS était dissoute.

Avec la désintégration du « bloc de l’Est » s’achevait la guerre froide… Mais l’OTAN ne disparaissait pas pour autant, comme on le sait. Ni la guerre en Europe, qui ne tardait pas à éclater en Yougoslavie.

UE Yougoslavie

Divisions de la Yougoslavie

La Yougoslavie avait été constituée en 1918 par les traités mettant fin à la 1ère guerre mondiale, regroupant plusieurs peuples des Balkans (Serbes, Croates, Slovènes…) auparavant inclus dans les anciens empires Austro-hongrois et Ottomans disloqués par ces traités. A la fin de la 2ème guerre mondiale, la Yougoslavie se retrouvait placée sous le contrôle de l’URSS comme la Pologne, la Hongrie, etc… Mais, dès 1949, son gouvernement, dirigé par Tito, réussissait à s’émanciper du pouvoir de Staline tout en se présentant toujours comme socialiste, comme le montre le nom de République fédérative socialiste de Yougoslavie. Cette fédération intégrait 6 républiques : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine. En 1992, à l’image de ce qui est en train de se passer avec la dislocation de l’ancienne URSS, la Yougoslavie explose, 4 de ses républiques (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine) déclarant leur indépendance. C’était le début d’une guerre de 4 ans, faisant 150 000 morts et déplaçant 4 millions de personne. En 1997, c’était la guerre du Kosovo, province du sud de la Serbie…

Pendant que se déroulaient ces combats sanglants que pas plus les troupes de l’OTAN que celles de l’ONU ne furent capables de freiner, quand elles ne se rendirent pas complices des massacres, la construction européenne se poursuivait de plus belle, profitant du nouveau champ ouvert par l’effondrement du rideau de fer. Dès 1981, l’Allemagne était réunifiée. En 1992, un nouveau pas était franchi dans l’évolution des institutions européennes, avec le traité de Maastricht qui transformait la CEE en UE (Union européenne), alors rejointe par l’Autriche, la Suède et la Finlande. Le traité de Maastricht décidait de la création d’une monnaie européenne, l’Euro, d’abord pour les échanges internationaux, puis comme monnaie d’usage en 2002. En 2004, l’Union européenne passait à 25 membres en intégrant 10 pays, pour la plupart issus de l’ancien bloc de l’Est : Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovénie, auxquels s’ajoutaient Chypre et Malte.

En 2005, les gouvernements européens tentaient de faire franchir un nouveau pas aux institutions de l’UE avec le TCE (Traité établissant une Constitution pour l’Europe). Ils voudraient la faire ratifier par pour les Etats. Mais en France, où un referendum est organisé par Chirac et Jospin, c’était un échec, comme dans quelques autres pays. Ce non au TCE était une première manifestation d’un phénomène qui n’allait cesser de s’accentuer avec le temps, ce que certains appellent « l’euroscepticisme ». Les beaux discours s’inscrivant dans la mythologie des « valeurs » portées par les « pères fondateurs » et qui promettent monts et merveilles de la construction de cette Europe sont pris pour ce qu’ils sont : promesses creuses et mensonges. L’Union européenne a montré ce qu’elle est en réalité : une institution au service de patrons et de gouvernements qui poursuivent par ailleurs leur offensive contre les travailleurs et les peuples.

Incapables d’obtenir l’aval prétendument démocratique des peuples pour leur nouvelle constitution, gouvernements et institutions européennes décidèrent de s’en passer : le TCE allait entrer en vigueur par la bande, sous forme d’amendements, par le traité de Lisbonne signé en décembre 2007. L’UE compte alors 27 membres, avec l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie, avant que la 28ème, la Slovénie, rejoigne en 2013.

Mais 2007, c’était aussi le déclenchement de la crise des subprimes aux Etats-Unis, et de ses répercussions à l’ensemble du monde. La mondialisation libérale financière, la spéculation effrénée dont elle était l’objet, débouchait sur une crise globale, mondialisée. En Europe, une de ses manifestations prenait la forme de la crise de la dette publique, qui éclatait en 2010 et touchait violemment un certain nombre de pays regroupés sous le sigle méprisant de PIGS : Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, menacés de faillite. L’offensive contre les travailleurs, à qui il s’agissait de faire payer la facture pour protéger les banques qui avaient spéculé sur la dette de ces Etats redoublaient, atteignant des sommets avec la situation qui était faite au peuple grec et se poursuit encore aujourd’hui malgré les discours qui annoncent que la Grèce est sortie d’affaire.

Cette recrudescence de l’offensive contre les travailleurs, pilotée par les gouvernements nationaux dans le cadre des institutions européennes, dont la BCE (Banque centrale européenne), ne pouvaient qu’accentuer le mécontentement à l’égard de l’Union européenne. Et cela d’autant plus que les gouvernements nationaux n’hésitent pas à se défausser des politiques dont ils sont les premiers responsables en en attribuant la paternité aux « technocrates de Bruxelles ». Ils ouvrent ce faisant un boulevard politique aux démagogues souverainistes qui s’appuient sur le mécontentement populaire pour prôner des politiques nationales protectionnistes, voire la sortie de l’UE et de la zone euro. Une des conséquences de ces politiques est l’arrivée au pouvoir de gouvernements d’extrême droite, en Autriche, en Italie. Comme également à la mésaventure arrivée au premier ministre britannique Cameron qui, en 2013, croyant sauver son gouvernement très affaibli en organisant un referendum sur la sortie de l’Union européenne, s’est trouvé pris à son propre piège. Contrairement à ce qu’il espérait, ce sont les partisans du Brexit qui l’ont emporté, à 51,9 %, déclenchant un processus dont nul ne sait encore sur quoi il débouchera.

UE avant Brexit

L’Europe aujourd’hui, avant le Brexit.

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