macron degage« Bienvenue à Macron ! Et vive Macron 2, vive Macron 3 ! La France a besoin de beaucoup de réformes, et donc de beaucoup de lois Macron » s’est exclamée Christine Lagarde présidente du FMI dans le journal Les Echos. Quelques jours plus tôt, Sarkozy invitait le ministre de l’économie à le rejoindre… soulignant (sans doute pour ceux à qui cela aurait échappé) à quel point leurs politiques sont semblables.

Campagne des régionales oblige, Aubry et Cambadélis se sont sentis tenus de réagir. « Ras le bol ! » a ainsi asséné sans rire la maire de Lille… Et pendant leurs mauvais sketchs, l’offensive du gouvernement et du patronat redouble contre le monde du travail et les chômeurs, de façon concrète, méthodique.

 

Qu’il s’agisse de la casse du Code du travail dont le rapport Combrexelle annonce une nouvelle étape visant à réduire à néant les garanties collectives qui existaient encore ; des attaques contre 35 heures dans le privé (chez Smart où les patrons veulent faire travailler 39 heures payées 37) ou dans le public (remise en cause des accords RTT à l’AP-HP et dans nombre d’hôpitaux) ; de l’attaque contre le statut des fonctionnaires avec le PPCR (Parcours professionnel, car­rières et rémunérations) que le gouvernement a soumis aux syndicats… ; ou, pour les chômeurs dont le nombre vient d’augmenter de 20 000 en août, du nouveau dispositif de « contrôle » mis en place par Pôle emploi pour les fliquer !

Alors oui, « ras le bol » de leur cynisme, de leur mépris, de la guerre qu’ils mènent à l'immense majorité de la population. Une politique qui alimente la crise et produit sans cesse davantage d’exploitation et de misère, de chômage.

Une politique qu’ils ont décidé d’amplifier comme en témoigne le projet de budget 2016. Rien que sur l’année qui vient, les budgets publics (en particulier les budgets sociaux et ceux des collectivités territoriales) vont être amputés de 20 millions dans le cadre du « pacte de responsabilité » !

9 millions vont partir directement dans les poches des patrons sous forme de baisse des cotisations patronales sur les salaires, baisse de l’impôt sur le chiffre d’affaire, suppression de la contribution exceptionnelle payée jusque-là par les entreprises, augmentation de 900 millions du « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE) et un milliard pour « l’incitation à l’investissement et à l’emploi » dans les PME…

Face à cette offensive planifiée, déterminée, on ne peut que constater à quel point les organisations syndicales sont paralysées, n’ayant à proposer que des « journées d’action » à répétition, sans perspective ni plan d’ensemble, restant empêtrées dans le piège du « dialogue social », telle la FSU signant l'accord PPCR sur les fonctionnaires avec le gouvernement aux côtés de l’UNSA, de la CFE-CGC, de la CFDT… De quoi amplifier le trouble de bien des militants de tous syndicats qui, malgré le sentiment de ramer à contre-courant, tentent sur le terrain de construire les résistances.

Face au gouvernement, au patronat, il ne peut y avoir de « discussion » possible. Face à leur plan d’attaque, le monde du travail (avec ou sans emploi), la jeunesse, nous avons besoin de nous donner notre propre plan : faire respecter nos droits fondamentaux, celui à un salaire et à des conditions de travail et de vie décents, le partage du travail entre tous. Cela ne pourra s’obtenir sans s’en prendre aux intérêts et au pouvoir des capitalistes, sans poser la question de qui contrôle l’économie, les banques, la marche de la société, à quoi servent les richesses créées et qui en dispose. Ces questions là ne sont pas loin de nous, elles sont centrales, toute l’actualité nous le montre.

Editorial d'Anticapitalistes ! n°58