vos guerres nos mortsLes attentats horribles qui ont eu lieu à Paris vendredi soir ont fait 130 morts, 300 blessés dont une centaine en état critique. Le NPA partage la révolte, l’indignation, la colère suscitées par cette violence aveugle qui visent à semer la peur et la haine. Il exprime sa solidarité aux victimes, à leurs proches. Les auteurs de cette tuerie, les fondamentalistes religieux, sont les ennemis des travailleurs, de toute la population. L’État islamique est une organisation réactionnaire qui opprime depuis déjà plusieurs années les populations irakienne et syrienne et impose une loi religieuse digne du Moyen Âge.

La guerre nourrit le terrorisme

Mais si de telles organisations obscurantistes peuvent se développer, c’est bien parce que les grandes puissances, dont la France aux côtés des USA, ont semé le chaos par leurs guerres en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Afrique. C’est sur ce terreau de misère, de guerre, de divisions que prospère la barbarie des fondamentalistes religieux.

Aujourd’hui Hollande nous dit que la France est en guerre. En fait, elle intensifie la guerre dans laquelle elle est déjà engagée avec les USA, la Russie de Poutine et son allié, le principal bourreau du peuple syrien, le dictateur Assad. Les mêmes causes auront les mêmes effets. Loin de vaincre Daesh, la guerre ne peut qu’aggraver le chaos au Moyen-Orient.

 

Ce sont, là-bas aussi, les populations civiles qui en sont les premières victimes condamnées à survivre sous la terreur ou à fuir au risque de leur vie. En Syrie, chaque jour des centaines de civils sont tués à cause d’un régime avec lequel la France a toujours eu des liens.

La réponse au terrorisme passe par le retrait des troupes du Moyen-Orient et en Afrique, une aide aux populations des régions dévastées et ruinées par les guerres, la solidarité avec toutes celles et ceux qui se battent contre l’Etat islamique en particulier le peuple kurde.

Non à l’Etat d’urgence, solidarité internationale

Comme après les attentats de janvier, les partis dominants, PS, Républicains et FN, nous refont le coup de « l’union nationale ». Les uns et les autres veulent ainsi faire accepter leur politique guerrière mais aussi plier la population à leur politique. Le pacte sécuritaire de Hollande va de pair avec le pacte de stabilité, l’austérité contre les travailleurs pour financer l’armée et la police. La droite et l’extrême droite se déchaînent, en assimilant Islam et intégrisme, en proposant de mettre en place un « internement préventif », en demandant de « raser les mosquées », etc. Ce ne sont pas les musulmans qui provoquent les guerres, ils en sont au contraire les premières victimes, en Syrie, en Irak ou en France.

Le gouvernement à choisi de mettre en place l’état d’urgence pour trois mois, avec la soutien de la quasi-totalité des députés, dont ceux du Front de gauche. Mais l'état d'urgence ne garantit en rien la sécurité des populations. En revanche, il provoque un contrôle sur la presse, l’interdiction des réunions publiques et des manifestations.

La répression et la guerre sont tournées contre les populations ici comme au Moyen-Orient. Elles ne peuvent qu’aggraver les tensions en engloutissant des milliards dans des aventures militaires. Et c’est à la population que le gouvernement fera payer la note au nom de l’union nationale.

La lutte contre le terrorisme, c’est la lutte contre les politiques qui l’ont engendré. La réponse ne peut être que démocratique, elle ne peut venir que de l’union des travailleurs, de la population, ensemble, pour faire vivre la solidarité ici comme entre les peuples. Nous n’avons aucune raison de nous plier à l’état d’urgence, à l’interdiction des manifestations, bien au contraire, notre réponse ne peut être que la défense des droits démocratiques et sociaux contre les va-t-en-guerre et le racisme.

19 Novembre 2015