hollande vallsA nous de défendre nos propres intérêts !

Tandis que Hollande multiplie les interventions militaires, Valls fait la tournée des patrons. Après l’université d’été du Medef, après sa visite aux patrons allemands, il est allé se prosterner devant les spéculateurs de la City de Londres.

Il veut ainsi assurer les grands financiers européens, ses maîtres, de la volonté de son gouvernement de tout faire pour les satisfaire. Et il leur a livré quelques uns de ses rêves : en finir avec les 35 heures, instaurer le travail du dimanche...

Le projet de budget 2015 que le gouvernement vient de présenter, avec sa réduction de 21 milliards des dépenses publiques, dont 3,7 de moins pour les dotations aux collectivités locales et 9,6 de moins pour la sécurité sociale, est à l’unisson de cette politique de soumission aux intérêts de la finance, un cran de plus dans la régression sociale organisée. Et il pourrait être pire, nous dit-on, si la commission européenne le retoque pour non respect du seuil de déficit négocié précédemment ! La présentation du budget est accompagnée par une nouvelle attaque contre ces chômeurs « qui ne chercherait pas de travail »… Quant à Macron, le banquier-ministre de l’économie, il continue de se lâcher : la raison pour laquelle la France serait incapable de sortir de l’ornière, c’est que le patronat « aurait une préférence continue pour une augmentation des salaires et des dividendes » au lieu de prioriser « l’emploi et l’investissement »… Les salariés apprécient !

Ces gens-là se moquent du monde d’une manière éhontée ! Hollande nous avait dit que la crise était derrière nous, la voilà qui refait surface dans les statistiques de l’Insee et des autres organismes de conjoncture : la dette et les déficits publics prospèrent, le chômage s’aggrave, le trou de la sécu se creuse, les ressources fiscales baissent, la stagnation économique perdure en Europe et la récession menace maintenant l’industrie allemande...

Les faits sont là. Des milliards ont été volés par centaines de milliers aux populations, rabotant salaires, retraites, prestations sociales pour être versés au patronat sous des formes diverses, au nom de la lutte contre les déficits, pour la compétitivité… Ils n’ont créé ni investissements ni emplois, mais alimentent la spéculation et les dividendes distribués par les holdings qui dirigent l’économie européenne, parmi lesquelles les sociétés du CAC40.

Il y a une logique à cela. Les capitalistes n’investissent pas dans la production car les débouchés pour leurs produits sont bridés par la baisse générale des revenus de la population, soumise au chômage, aux hausses fiscales, aux attaques à répétition contre les salaires, direct comme indirect, et les retraites. Que Macron fasse semblant de leur faire la leçon n’est qu’une foutaise.

Le fait est que le serpent se mord la queue, Hollande, Valls, Macron et compagnie en sont parfaitement conscients. Ils n’en promettent pas moins de « garder de cap »... Mentant et bluffant avec l’aplomb qui les caractérise, ils « font le job » pour assurer les profits immédiats d’une poignée de requins de la finance, au mépris des conséquences sociales, économiques et politiques qui en résultent immanquablement.

Sortir de cette logique ne peut venir que de celles et ceux qui en sont les victimes, travailleurs, chômeurs, jeunes, retraités... Seules nos mobilisations pourront imposer les mesures d’urgence indispensables à mettre un terme à la dégradation de nos conditions de vie : des salaires et des retraites permettant de vivre convenablement, une répartition du travail entre toutes et tous...

Seules nos mobilisations pourront en finir avec la machine à siphonner les richesses sociales que constitue la dette publique, en exigeant son annulation, en expropriant les banques et en organisant un système bancaire socialisé, placé sous le contrôle de ses salariés et de la population. Il n’y a pas d’autre solution raisonnable pour mettre fin à la spéculation et orienter les capitaux vers des investissements utiles à la satisfaction des besoins sociaux.

Editorial d'Anticapitalistes ! n°49 - nov 2014