vignette une atk50Violence et mensonge constituent l’essentiel de l’actualité de la politique gouvernementale. Violence sociale, concrétisée par la présentation du budget 2015, qui est une véritable provocation à l’égard de la population. Violence policière, dont l’assassinat de Rémi Fraisse est l’illustration la plus dramatique de l’accentuation de la répression des manifestations par les forces de l’ordre. Enfin, mensonges au sommet, dont la liste est interminable…

Le mensonge comme politique

Il peut sembler invraisemblable que des hommes politiques chargés des plus hautes fonctions de l’Etat puissent enchaîner une telle accumulation de contre-vérités patentes. Mais derrière cette posture surprenante, il y a une politique : ils font leur travail de serviteurs de ceux qui tirent réellement les ficelles dans notre société.

Ils le font certes à travers les politiques d'austérité qui, sous prétexte de réduire les déficits, assurent les profits des grandes sociétés et de leurs actionnaires, même si cela conduit la société à la ruine. Ils le font en réprimant sans aucun état d'âme le mouvement social.

Ils le font aussi en mentant de façon éhontée, et tant pis s’ils apparaissent pour les charlatans qu'ils sont : alors que le capitalisme est dans une des crises les plus profondes de son histoire, étouffant sous ses propres contradictions, il s'agit d'en masquer les véritables causes, qui résident dans son mécanisme même. Alors, Hollande fait comme si tout dépendait de lui, de "sa" politique, de "sa" volonté, du sacrifice même de son avenir politique à "l'intérêt général"... Et ceux qui, de Le Pen à Sarkozy en passant par Juppé ou les "frondeurs" du PS, prétendent qu'ils feraient mieux que Hollande s'ils étaient à sa place, mentent de la même façon, et pour les mêmes raisons.

Tout ce beau monde ne propose que des variantes d'une même politique, basée sur un même mensonge fondamental : il n'y aurait pas d'autre système économique possible que celui d'un capitalisme, plus ou moins régulé, plus ou moins libéral, plus ou moins "sauvage"... mais toujours aussi destructeur parce que soumis à la loi du profit maximum, aux lois du marché et de la concurrence.

Une autre politique est urgente et possible

Aucune politique ne sera capable d'inverser la marche à la dégradation sociale, économique, écologique et démocratique qui ne cesse de s'accentuer tant qu'elle ne mettra pas fin à sa véritable cause : le pouvoir économique d'une minorité sur l'immense majorité de la population.

Une telle politique est urgente, elle est aussi possible. Elle trouvera son origine et sa force dans les luttes sociales qui, même si elles ont du mal à s’organiser et à converger, sont bien vivantes, comme celles menées aujourd'hui par les jeunes contre les violences policières. Les luttes pour dire non aux politiques d'austérité, imposer la répartition du travail entre toutes et tous, avec des revenus permettant à chacun de vivre. Dire non également aux grands projets inutiles, exiger la justice contre les exactions de l'Etat répressif, imposer une véritable démocratie.

Mais cette démocratie ne saurait exister sans la prise de contrôle, par la collectivité, des leviers économiques de la société. L'expropriation des banques et la constitution d'un monopole bancaire placé sous le contrôle démocratique de la population est une condition nécessaire pour assurer le financement d'un système de production et d'échange libéré de la course au profit et à la productivité. Une telle économie, s'appuyant sur une planification démocratique, serait enfin capable de produire en fonction des besoins réels de la population. Elle offrirait aussi la seule issue possible à la crise environnementale.

Une utopie ? Non, la seule alternative sociale, économique, écologique et politique raisonnable à la violence et aux mensonges d’Etat qui sont devenus la politique du capitalisme.