antik268 la uneAlors que les médias polarisent le débat autour du travail du dimanche, le projet de loi «sur la croissance et l’activité» présenté par le ministre-banquier Macron est une arme de destruction massive contre les droits des travailleurs/ses.

Où est passé le «dialogue social» ?

Oublié le dialogue social et les négociations bidon où la conclusion était écrite d’avance main dans la main avec le patronat. Aucune prétendue concertation et, sur plusieurs questions, le gouvernement prévoit de procéder par ordonnances, donc sans débat ni présentation précises des mesures. Il s’agit de faire passer la loi de manière autoritaire avant que la mobilisation s’organise et avant les défaites programmées du PS aux élections de 2015.

Ouvert 7j/7, 6h-24h!

A plusieurs reprises, des tribunaux ont condamné de grandes enseignes commerciales qui méprisent le droit au repos des salariés. Pour éviter ces désagréments, Macron veut porter le nombre d’ouvertures dominicales autorisées de 5 à 12 par an, élargir les zones donnant droit à l’ouverture le dimanche, et permettre le travail jusqu’à minuit dans les commerces situés en «zone touristique internationale », avec une remise en cause de la contrepartie pour les salariéEs des entreprises de moins de 20 salariéEs qui travaillent le dimanche !

Mettre les patrons à l’abri des sanctions

Après avoir supprimé leur élection, les conseillers prud’homaux, suspects d’être trop favorables aux salariéEs, ne seraient plus des juges à part entière mais de simples auxiliaires d’un juge professionnel. La loi crée une indemnité forfaitaire pour les salariés victimes d’un licenciement abusif, afin d’éviter aux patrons de devoir compenser les dégâts qu’ils ont réellement causés.Côté inspection du travail, certaines sanctions pénales seraient remplacées par des amendes administratives, décidées par le directeur régional du travail sans indépendance car mis en place par le Ministère.

Et toujours moins d’obligations

D’abord la suppression d’une partie des visites médicales déjà espacées en 2012 et l’interdiction aux médecins du travail de rendre des avis d’aptitude obligeant les employeurs à adapter le poste de travail à l’état de santé du salarié. Une simple déclaration suffirait pour faire bosser les jeunes sur des presses ou des machines à bois. On découvrira leur non-conformité après l’accident...

Comme des tribunaux ont eu la mauvaise idée de retoquer plusieurs des décisions de validation des plans sociaux prises par l’Etat, la nouvelle loi éviterait au patronat de nouvelles annulations, et le paiement des indemnités qui vont avec ! En cas de redressement ou liquidation judiciaire, les mesures du plan social seront désormais liées aux moyens de l’entreprise, dont les caisses sont vides, et non plus à ceux du groupe. Et, en prime, suppression des protections contre les licenciements personnels, où il ne sera plus tenu compte des critères de situation sociale, d’ancienneté, de compétence...

Mobilisation pour le retrait du projet

Les capitalistes n’en auront jamais assez, et le gouvernement leur accorde tout. La crise économique sert de prétexte à toujours plus de régression sociale. A moins que nous ne les arrêtions. Car, comme pour le budget, nous ne devons pas espérer que la prétendue gauche du Parti socialiste se mette en travers de la route tracée par Hollande-Valls-Macron et Montebourg. Les organisations syndicales, bien discrètes à ce jour, et toutes les organisations qui s’opposent à la politique ouvertement patronale du gouvernement, se doivent d’organiser la mobilisation pour le retrait du projet.