cantine scolaire 658x300Une nouvelle proposition de loi, trois ans après celle de Delaunay et du PC, vient d’être votée le 12 mars par toute la gauche à l’initiative des radicaux de gauche. Elle institue l’obligation d’accueillir à la cantine tous les enfants qui le demandent, sans écarter ceux dont un ou les parents sont au chômage ou au RSA, comme c’était le cas dans de nombreuses communes comme à Bordeaux en 2012, où Juppé a été obligé de céder face à la mobilisation des parents.

La nouvelle proposition de loi dit : « L'inscription à la cantine, lorsque ce service existe, est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille ». Elle précise que les refus d’accès aux enfants de chômeurs « revient à discriminer, voire à stigmatiser des familles déjà en difficulté ».

L'exclusion d'enfants de chômeurs est « une atteinte à l'activité des femmes », a souligné aussi à juste titre la communiste Marie-George Buffet. C’est d’autant plus vrai dans les communes de quartiers populaires où il y a beaucoup de femmes immigrées qui ont très peu accès à l’emploi, et beaucoup de femmes responsables de familles monoparentales.

Lors du débat parlementaire, cela a fortement déplu à des élus de l’UMP, par exemple à Lormont une conseillère municipale ironisant sur la cantine qui ne serait pas « l'idéal absolu » pour « l'apprentissage de la qualité de l'alimentation », toutes les familles ne faisant pas « des repas chips », voulant dire que c’était très bien de manger à la maison (quand on a quelqu’un pour faire à manger et de quoi bien se nourrir, détail !) et émettant des doutes sur la socialisation que permet l’interclasse. Quel mépris pour les familles pauvres dont les enfants sont exclus de la cantine, et qui n’ont donc droit ni aux repas équilibrés, ni au temps de socialisation qui les accompagne, surtout quand, de surcroît, ils ne peuvent participer aux activités périscolaires payantes !

Alors, il serait temps que les élus des partis qui votent à l’unanimité ces propositions de lois les appliquent vraiment dans leurs communes ! A Lormont, par exemple, depuis 1996, les enfants dont les parents sont au chômage, au RSA ou en congé maternité n’ont pas le droit de manger plus de deux jours par semaine à la cantine, sous prétexte de manque de place.

Alors, plutôt que d’accepter tête basse les coupes sombres du gouvernement socialiste dans leur budget, les communes doivent appliquer le droit à la cantine pour tous, en exigeant des moyens pour agrandir les locaux voire construire d’autres écoles si nécessaire.