IMG 0825Le projet de réforme du collège présenté le 31 mars par la ministre Valaud-Belkacem voudrait parachever le vieux chantier de démolition du collège unique. A nous de la faire reculer.

Après des décennies de logique austéritaire, avec des classes de plus en plus surchargées, la réduction progressive des moyens, le collège dit « unique » est déjà loin d’être un collège accessible à tous, permettant aux enfants des classes populaires d’atteindre un haut niveau d’étude avec qualification et formation diplômante. Depuis sa création en 1975 avec la loi Haby, il est resté finalement, malgré la massification scolaire, une gare de triage profondément inégalitaire, où se joue déjà en partie la place de chacun dans la société, soit des générations entières d’élèves dont les origines sociales déterminent toujours en grande partie leur orientation vers les filières générales ou professionnelles.

IMG 0814Et ce n’est pas la réforme Belkacem qui va inverser la tendance, bien au contraire. Bourré de références pédagogiques supposées innovantes, le projet s’inscrit dans la droite ligne de l’école néolibérale et sa déréglementation, laissant aux chefs d’établissement une marge d’autonomie dans l’organisation du temps d’enseignement comme de ses contenus. Derrière l’enfumage pédagogique, se révèlent des considérations en phase avec les restrictions budgétaires : la mise en place d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) se fait en ponctionnant des heures sur les disciplines, ce qui met fin au cadrage national, tout en continuant de parquer 30 élèves par classes dans tous les niveaux du collège, sans prévoir le moindre temps de concertation rémunéré pour les équipes.

Cette réforme ne peut qu’aggraver encore les inégalités, accentuer la concurrence entre établissements en renforçant l’autonomie de leur direction et, dans les établissements, entre les disciplines et les collègues par la multiplication des hiérarchies intermédiaires (par exemple les super-profs coordonnateurs pleins de super-projets nommés aux conseils pédagogiques par le chef d’établissement).

Ces annonces inacceptables ont provoqué un rejet massif dans les salles des profs et la rupture des discussions avec le SNES-FSU, la CGT et FO. Un premier pas qui s’est poursuivi par un appel intersyndical à la grève le 19 mai. Il faut continuer d’informer les collègues en organisant dans nos établissements des heures syndicales, mobiliser pour la lutte, encourager dans les prochaines semaines la construction d’une riposte globale, en lien avec les écoles, les lycées, l’Université pour imposer une autre politique éducative, qui ne soit pas soumise uniquement aux contraintes budgétaires dictées par les politiques d'austérité.