le partenariat public prive pour donner au secteur prive des pans entiers de notre patrimoine public 5119862 LLe gouvernement de gauche d’Uruguay a fait descendre dans les rues des milliers de lycéens, étudiants et enseignants en août dernier. En septembre, suite à la violente expulsion de lycéens occupant le siège central de l’Education (CODICEN), 9 d’entre eux, victimes de violences de la part d’une police formée à l’école de la dictature (de 1973 à 1985), ont été condamnés à 200h de TIG…

Ils s’opposent à un projet de privatisation de l’Education prévu dans le budget national, avec d’autres dans l’énergie, les transports, la santé… L’actuel gouvernement de Tabaré Vázquez veut appliquer une loi émise sous le gouvernement de gauche aussi du très populaire « Pepe Mujica » (ex guerrillero, qui sous son mandat jusqu’en mars 2015 a légalisé l’avortement et le cannabis). Cette loi instaure un PPP (Partenariat Public Privé) dans l’Education.

Très en vogue ici, ces PPP ont servi, par exemple, à construire le nouveau stade dit Matmut à Bordeaux. C’est un montage où l’autorité publique (Etat, collectivité) délègue au privé la gestion, la construction, le financement, le fonctionnement et la maintenance de missions ou bâtiments publics en lui payant l’équivalent d’un loyer durant 35 ans.

Dans tous les cas, cela s’est traduit par une arnaque légale du public, le privé construisant ou gérant selon ses normes et ses résultats comptables, non en fonction des besoins collectifs. D’où de multiples malfaçons et avenants, autant de prolongations payées par les collectivités, sans parler de l’augmentation du loyer !

Le projet de PPP pour l’Education en Uruguay prévoit que le privé prenne en charge le plan de formation de l’Education et sa mise en pratique, l’évaluation et gestion des examens, l’inspection, ainsi que la fourniture de manuels et matériel scolaire. Mais aussi l’embauche du personnel enseignant ou non, avec des « objectifs de gestion » à la clé.

On imagine les conséquences sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail, avec un enseignement entièrement soumis aux diktats du marché ! L’argent existe, bien sûr, pour une vraie Education. Mais pour cela, il faudrait arrêter de payer la dette et le « renoncement fiscal », c’est-à-dire cesser d’exonérer les investissements des multinationales !

Mónica