manifparisLa manif parisienne du 10 octobre contre la réforme du collège a été plutôt une réussite : 15 à 20000 manifestants sont venus d’un peu partout pour rappeler que le sujet est loin d’être clos pour les enseignants et aussi un grand nombre de parents. Grosse manif donc, mais pas non plus extrêmement massive, de toute façon insuffisante pour faire reculer ce gouvernement, plus que jamais déterminé à renforcer l'autonomie des directions d'établissements.

Déterminé sans doute mais pas forcément très assuré sur la réussite du projet. Pour preuve les faits graves de répression syndicale qui se sont succédés ces derniers mois ou encore la récente tentative (avortée) de classement en 3 catégories des enseignants par l’académie de Toulouse selon leur degré d’adhésion à la réforme (« opposants », « passifs » et « progressistes (sic) »).

S'appuyant sur deux organisations syndicales minoritaires chez les profs, la CFDT et l’UNSA, et ne pouvant obtenir de satisfecit chez les parents d'élèves fortement divisés sur cette question, Vallaud-Belkacem doit maintenant vendre sa camelote à un corps enseignant largement hostile, en comptant sur le dévouement des hiérarchies intermédiaires. Ainsi, dans de nombreux collèges, les chefs convoquent durant le mois de novembre les conseils pédagogiques, dans le but d’anticiper sur l’organisation pédagogique de la rentrée… alors qu’il n’y a même pas la possibilité de le faire, puisque les établissements ne connaissent pas encore le volume de leur dotation horaire globale (DHG).

Pour l’heure, la priorité fixée par l’intersyndicale, réunie le 3 novembre pour proposer des modalités d’action unitaire nationale, est de construire dans les bahuts un refus collectif des formations-formatages (soit dans l’académie de Bordeaux 5 jours sur le temps de travail entre janvier et mai 2016) et des réunions visant à installer la réforme. Il faut surtout réussir à faire le lien avec les autres dispositifs de la politique éducative du gouvernement (programmes, évaluations, statut des enseignants…) et engager avec l’ensemble des personnels et les parents un plan d’action pour inverser le rapport de forces et exiger une autre réforme, pour une école plus égalitaire et émancipatrice, non soumise aux politiques d’austérité.

Patrick