dialogue social marxDans la négociation sur l’accord PPCR (Parcours personnalisés, carrières, rémunération) le gouvernement vient d’obtenir la signature des syndicats UNSA, CFDT et de la FSU. Le dialogue social engagé depuis des mois sur cette question centrale pour les fonctionnaires des trois fonctions publiques, devait lui permettre d’obtenir un accord pour un bilan présentable sur la question salariale en vue de l’échéance de 2017. Au-delà, il souhaitait obtenir la caution politique des syndicats pour son projet de remise en cause des garanties des fonctionnaires…

Il n’a pas eu l’aval de la CGT ni de FO, dont le refus de signer ne permet pas d’obtenir une majorité. Mais qu’à cela ne tienne, comme pour la loi Macron, passée avec le 49-3, Valls s’assoit sur la démocratie et a d’ores et déjà annoncé qu’il mettrait son projet à exécution et passera en force.

Présenté comme une avancée, au niveau salaires, retraites et déroulement de carrière, alors que les fonctionnaires subissent depuis cinq ans le gel du point d’indice, les avantages du PPCR sont minimes et ne permettront pas de rattraper la baisse de pouvoir d’achat de 6,5 % en moyenne de ces cinq dernières années. Mais l’objectif du gouvernement n’était pas tant la revalorisation des salaires que la mise en adéquation du statut des fonctionnaires avec les nouvelles lois libérales du travail : le mérite et « l’engagement personnel » du fonctionnaire comptant dans la rémunération, ainsi que la mobilité forcée, qui introduit la possibilité pour un agent de passer d’une fonction publique à une autre, ce qui ouvre la porte aux suppressions de postes et réductions de personnels, qui plus est dans le cadre de la territorialisation. C’est une attaque sans précédent contre le service public et ses personnels.

Si la signature de la CFDT et de l’UNSA n’est pas une surprise, ces directions ayant fait le choix de l’accompagnement des réformes, il n’en est pas de même de la FSU qui s’affiche comme un syndicat de transformation sociale. La direction de la FSU invoque une signature tactique, pour ne pas être mise à l’écart des négociations futures dans le cadre du comité de suivi, comme le gouvernement en faisait le chantage. Mais avant même de savoir quelle serait la position de FO et de la CGT, voire de les convaincre de refuser un tel accord, la FSU a fait le choix de signer, bafouant même sa démocratie interne. Elle montre par là qu’au-delà des questions tactiques, sa signature est un choix politique, qui privilégie le dialogue social avec ce gouvernement dont les fonctionnaires n’ont rien à attendre, au détriment de la rupture nécessaire avec lui et de la construction d’une mobilisation d’ensemble qui seule peut permettre aux salariés de repasser à l’offensive.

Dans le cadre de la crise ouverte au sein de la FSU, l’urgence est aujourd’hui de regrouper toutes celles et ceux qui refusent l’impasse du dialogue social et veulent s’engager dans la préparation de l’affrontement avec ce gouvernement, pour défendre et développer le service public, exiger l’arrêt du gel du point d’indice et des augmentations conséquentes de salaires, défendre les conditions de travail…

Dans le dialogue social, entre soi-disant « partenaires sociaux » (patrons-salariés comme gouvernement-fonctionnaires), il n’y a de gagnants que les patrons qui veulent imposer sans arrêt de nouveaux reculs, de nouvelles régressions sociales aux salariés pour satisfaire leur soif de profits et  grossir les dividendes des actionnaires, et le gouvernement à leur service.

La défense de nos intérêts repose sur la nécessité d’un vaste affrontement social, public-privé, pour imposer nos droits et une autre répartition des richesses.

Christine