austéritéCes deux rapports sont parus à la rentrée, le premier sur le lien entre le lycée et la fac, par une mission parlementaire en août et le deuxième, sur le coût du lycée, par la Cour des Comptes, le 29 septembre 2015. Les deux critiquent, comme par hasard, un lycée trop cher et peu « efficient » par rapport aux autres pays de l’OCDE. Mais le but du gouvernement et sa ministre Vallaud-Belkacem n’est autre que de préparer une nouvelle réforme du lycée, dans le droit fil de la précédente impulsée par le Ministre de droite Chatel.

Le premier rapport, sous prétexte de lutter contre un Bac et des enseignements « élitistes », défend un Bac composé « d’un socle commun d’un petit nombre de matières fondamentales (Lettres, H/Géo, philo, maths, physique et SVT) assorti d’options ». Comme le Bac coûterait trop cher, il préconise d’en simplifier l’organisation et « d’en alléger le coût en concentrant les épreuves finales sur les seules matières fondamentales », les autres étant évaluées en CCF durant l’année voire simplement par une note sur le livret scolaire.

Le second rapport, celui de la Cour des comptes est plus explicite encore quand il vante les économies réalisées avec les réformes passées et se félicite des économies d’échelle, de l’augmentation du nombre d’élèves par classe, du non-financement des options facultatives...

La Ministre approuve, et appelle à poursuivre dans ce sens : « Je tiens à souligner les efforts réalisés chaque année par le ministère pour réduire le coût du lycée général et technologique. Ainsi, on constate que l’indicateur heures d’enseignement par élève (H/E) a régulièrement baissé : 1,39 en 2008-2009, 1,37 en 2011-2012 ; 1,34 en 2012-2013, 1,32 en 2013-2014 et 1,30 en 2014-2015, soit - 6,5 % en quatre ans. »

En clair : haro sur les options, surtout les options rares ou à trop faibles effectifs (par exemple, les options facultatives ou de lycée professionnel) ! Le rapport de la Cour des comptes estime que le lycée coûte trop cher car le temps d’instruction est trop important, c’est-à-dire qu’il y a trop d’heures d’enseignement reçues par chaque lycéen. Et il n’y a pas trop, mais pas assez d’élèves par enseignant, constat qu’elle tire de moyennes complètement bidon (son rapport est fondé sur les données de 31 établissements seulement), surtout quand on sait combien on est à faire cours devant parfois 39 élèves !

Dans son rapport enfin, la Cour des comptes critique les obligations de service hebdomadaires des enseignants, qui les empêcheraient de voir leurs heures annualisées sur une année scolaire plus longue. Pour économiser encore des moyens, elle suggère aussi d’encourager la création d’équipes mobiles d’agents de maintenance intervenant sur plusieurs lycées en même temps, etc…

Les rapports et la Ministre veulent aussi faire dépendre encore plus l’Education des entreprises en favorisant leur intrusion dans les lycées à travers les Régions, entreprises dont on connaît le désintéressement, imposant l’arbitraire patronal et des inégalités accrues entre les lycées et les lycéens…

Rien de bien nouveau sous le soleil donc dans ces rapports, mais une vieille logique que nous combattons !

Mónica