A l’occasion de son centenaire, nous revenons sur la Révolution russe de 1917 parce que pour la première fois dans l’Histoire, une mobilisation ouvrière d’ampleur réussissait à aller jusqu’au bout, jusqu’à la conquête du pouvoir, pour satisfaire les intérêts des classes populaires.

Un siècle après, cette expérience n’a toujours pas été digérée par les défenseurs du système capitaliste qui continuent de la combattre. Le Figaro Histoire titre « Quand Lénine inventait le totalitarisme » reprenant les préjugés les plus éculés. Un sociologue russe indépendant du pouvoir explique que « Le centenaire de la révolution doit permettre au Kremlin d’immuniser les Russes contre toute révolte »... Au moment où la mondialisation capitaliste vit dans la crainte d’une nouvelle crise financière généralisée, qui s’annonce plus brutale encore que celle de 2007-2008, évoquer « 1917, l’année où tout a basculé », comme le titre L’Obs, semble décidément toujours dangereux pour les classes dominantes.

Pour notre part, avec ce cycle de trois réunions, nous vous proposons un retour sur cette expérience unique du mouvement ouvrier, pour revenir aux faits, à l’histoire réelle des classes sociales qui se soulèvent, des évolutions de conscience et des rapports de forces.

C’est bien de cette démarche, celle du marxisme, d’une compréhension matérialiste et scientifique de l’Histoire, dont nous avons besoin pour discuter de l’actualité de la révolution et du bolchevisme, des débats et des crises qui ont traversé la classe ouvrière et ses organisations pendant la révolution.

L'histoire est la meilleure dénonciation des mythes, aussi bien ceux qui présentent la révolution comme un putsch organisé par un petit parti voulant imposer sa dictature, ou ceux qui ont prétendu que le stalinisme mettant au pas le mouvement ouvrier avait été le produit direct du bolchevisme.

Caricatures, mythifications, dont il faut se dégager pour débattre des perspectives révolutionnaires pour ceux qui veulent changer le monde aujourd’hui.

Les introductions à ces débats sont accéssibles en cliquant sur les liens ci-dessous :

  1- La révolution de 1905, quelle révolution pour la classe ouvrière moderne ?
   1905, le contexte  François Minvielle
   1905, la révolution  Christine Héraud
   2- La révolution de 1917 et le premier pouvoir démocratique de la classe ouvrière
   1917- de février à aout  François D.
   1917 - la révolution d'octobre  Monica Casanova
 3- L'échec de la vague révolutionnaire des années 1920 et la contre révolution stalinienne 
   Lien Daniel Minvielle

 

mai juin36Réunion-débat NPA 33, 8 octobre 2016 - Introduction de Monica Casanova et François Minvielle

Cet été, ça a été un anniversaire dont on a très peu parlé, sauf nous, à l’extrême-gauche... Au mieux, on connaît les images d’Épinal du bon temps où, comme après la Seconde guerre avec le programme du CNR, Léon Blum a donné les conventions collectives, les congés payés et les 40h avec en arrière-fond les grèves et leurs bals au son de l’accordéon... Léon Blum, politicien réformiste, un « socialiste » vraiment social en comparaison avec ses « continuateurs » Hollande-Valls qui détruisent ce qui reste de ces conquêtes ouvrières !

La seule chose vraie dans tout ça, c’est qu’effectivement, les travailleurs ont considéré le gouvernement Blum comme le leur à la différence de tous les autres, pour la première fois, ils avaient un  « gouvernement de gauche »…

Mais c’est aussi la raison pour laquelle ils ont bousculé ce gouvernement, pour qu’il impose de suite les réformes urgentes et indispensables portées par les grèves, malgré les pleutres politiciens radicaux ou socialistes, les staliniens à la solde de l’URSS de Staline et contre des capitalistes et des banquiers complètement paniqués par la plus grande vague de grèves avec occupation jamais vue en France.

Mais vu la période de marche à la guerre et au fascisme, ce mouvement a acquis une tout autre dimension, une dimension politique cruciale. Il a fait de la France le pays où tout se jouait. Après les défaites ouvrières comme en Italie en 1922, des grèves avec occupation vaincues ce qui permet à Mussolini d’arriver au pouvoir, en Chine en 1927 quand la Commune de Canton est écrasée, ou encore en Allemagne en 1933 où la défaite du mouvement ouvrier permet l’arrivée au pouvoir de Hitler, en France il y aura la possibilité de mettre un arrêt à l’avancée du fascisme, en fait, de changer le cours de l’histoire. Ce qui faisait dire à Trotsky, le seul dirigeant communiste révolutionnaire demeuré internationaliste suite à la dégénérescence de l’URSS, que l’issue de cette confrontation serait le « socialisme ou la barbarie ».

Les époques sont certes très différentes entre 1936 et 2016 : la crise, la menace de guerre ont été alors beaucoup plus graves. La France était beaucoup plus rurale, la condition de la femme était bien plus arriérée qu’aujourd’hui. Il y avait un fort antisémitisme auquel s’ajoute aujourd’hui le racisme contre les arabes. C’était dans un monde qui n’était pas aussi connecté, mondialisé. L’emprise du PS et du PC était vraiment plus importante qu’aujourd’hui.

Mais on retrouve certains problèmes qui ont été posés alors : que faire face à la montée des idées réactionnaires et du racisme, quelle politique antifasciste, que faire avec les classes moyennes déclassées, comment s’adresser aux jeunes soldats, les lier à l’ensemble des exploités, comment faire quand les masses se radicalisent et rejoignent des partis réformistes, quelle différence entre front unique pour la lutte et front populaire électoral, la grève générale comme but ou comme moyen pour prendre le pouvoir ? Comment passer de la lutte défensive à la lutte offensive ?

Nous nous posons des problèmes à la lumière de l’expérience vécue par le mouvement ouvrier pour réfléchir aujourd’hui à nos perspectives de demain.

1310903 Guerre civile dEspagne

Version développée de l'introduction au débat organisé par le NPA33 le 29-06-2016

Il y a 80 ans, en Espagne, le 17 juillet 1936 un putsch militaire dirigé par quelques généraux, parmi lesquels Franco, tentait de renverser le pouvoir républicain de Front populaire. Dès le lendemain, le 18, à Barcelone, Madrid, et bien d’autres villes, les travailleurs descendaient dans la rue, s’affrontaient aux militaires, prenaient les casernes, mettaient un coup d’arrêt au « pronunciamiento ».

Commençait alors une guerre civile qui allait durer presque trois ans et est restée, dans « l’histoire officielle », comme un affrontement décisif entre « le fascisme » et « la démocratie ». Les armées de Franco et la Phalange fasciste étaient appuyées par une aide massive en matériel et en troupes fournies par l’Italie et l’Allemagne fascistes. Les troupes de la République, mal armées, mal entraînées, recevront l’« aide » de l’URSS et des Brigades internationales, tandis que les « démocraties » - la France du Front populaire et la Grande Bretagne- se cantonnaient à une politique hypocrite de « non intervention »…

L’horreur de cette guerre civile, le fait qu’elle ait débouché sur l’instauration de la dictature franquiste, qu’elle ait fait également l’objet d’une propagande stalinienne mensongère, a contribué à masquer une autre réalité : l’intervention des masses populaires le 18 juillet allait bien au-delà de la défense du pouvoir républicain contre les « généraux félons », c’était une révolution sociale qui éclatait, aboutissement d’années de révolte, d’exacerbation de la lutte des classes.

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laicité religion mouvement ouvrier

Introduction au débat préparée par Patrick Chaudon, Christine Héraud et Isabelle Ufferte

 

Il ne se passe pas un jour sans que d’une façon ou d’une autre soit posée la question de la place de la religion dans la société ou qu’il soit fait mention de la laïcité. Près de 6 mois après les attentats contre Charlie et l’hyper casher de Vincennes, les questions concernant l’attitude face à la religion font débat dans tout le mouvement social, dans le mouvement syndical et politique, sur les lieux de travail, parmi la jeunesse.

Comment réagir ? En quels termes se posent ces questions pour un parti anticapitaliste, révolutionnaire, œuvrant à l’émancipation ? Quel contenu donnons-nous à la laïcité ? C’est ce dont nous proposons de débattre.

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Réunion-débat du NPA 33, le 20 mai 2015 - Topo d'introduction présenté par François Minvielle, Béatrice Walylo et Laurent Delage

moyenorientIntroduction

La situation au Moyen-Orient est le produit sans doute le plus aigu du chaos que répand partout la mondialisation capitaliste. Dans cette situation de chaos extrême, le retour en force de la religion et de son expression politique, les intégrismes religieux, joue, notamment dans cette région, le rôle de légitimation de l’ordre capitaliste, quand ce dernier apparait incapable d’incarner le moindre progrès humain.

C’est ainsi qu’au nom de la religion, l’Etat islamique s’empare d’un territoire toujours plus vaste au carrefour de l’Irak, de la Syrie, de l’Iran et de la Turquie. Il l’organise, le contrôle, en exploite les richesses et les travailleurs, en utilisant les méthodes de terreur empruntées à la fois aux groupes terroristes religieux et à l’Etat despotique de Saddam Hussein.

Ce chaos généralisé frappe aussi les vieilles citadelles impérialistes, les attentats du 7-8-9 janvier en ont été une répercussion brutale, comme aussi la fascination que peuvent exercer les groupes terroristes sur quelques centaines de jeunes qui partent laisser leur peau dans une lutte sans avenir.

Impossible ici de revenir dans le détail de chacune des crises politiques qui frappent les peuples du Moyen-Orient. Il s’agit plutôt de discuter d’une compréhension générale de ce qui se joue dans cette région, avec comme fil conducteur principal, une constante depuis un peu plus d’un siècle maintenant, l’utilisation par les pays riches, les puissances impérialistes, de politiques de division et de déstabilisation pour conserver un contrôle sur cette région et continuer à piller sa richesse principale, le pétrole. On pourrait presque résumer cette politique impérialiste ainsi : « à chaque problème, une déstabilisation ».

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vignette guerre lettreDans le cadre de la fête d'octobre 2014 du NPA 33, une projection-débat était proposée sur le rôle de l’impérialisme français dans la mondialisation guerrière, tant au Moyen Orient, qu’en Afrique et aussi en Ukraine. Ci-après, une présentation parue dans notre revue Anticapitalistes !, avec, en pièce jointe, le texte d'accompagnement du montage diapo projeté.

Pour visualiser la vidéo, cliquer ici.

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