1310903 Guerre civile dEspagne

Version développée de l'introduction au débat organisé par le NPA33 le 29-06-2016

Il y a 80 ans, en Espagne, le 17 juillet 1936 un putsch militaire dirigé par quelques généraux, parmi lesquels Franco, tentait de renverser le pouvoir républicain de Front populaire. Dès le lendemain, le 18, à Barcelone, Madrid, et bien d’autres villes, les travailleurs descendaient dans la rue, s’affrontaient aux militaires, prenaient les casernes, mettaient un coup d’arrêt au « pronunciamiento ».

Commençait alors une guerre civile qui allait durer presque trois ans et est restée, dans « l’histoire officielle », comme un affrontement décisif entre « le fascisme » et « la démocratie ». Les armées de Franco et la Phalange fasciste étaient appuyées par une aide massive en matériel et en troupes fournies par l’Italie et l’Allemagne fascistes. Les troupes de la République, mal armées, mal entraînées, recevront l’« aide » de l’URSS et des Brigades internationales, tandis que les « démocraties » - la France du Front populaire et la Grande Bretagne- se cantonnaient à une politique hypocrite de « non intervention »…

L’horreur de cette guerre civile, le fait qu’elle ait débouché sur l’instauration de la dictature franquiste, qu’elle ait fait également l’objet d’une propagande stalinienne mensongère, a contribué à masquer une autre réalité : l’intervention des masses populaires le 18 juillet allait bien au-delà de la défense du pouvoir républicain contre les « généraux félons », c’était une révolution sociale qui éclatait, aboutissement d’années de révolte, d’exacerbation de la lutte des classes.

Cette révolution allaient immédiatement se heurter, dans le camp « républicain », à un combat sans merci mené par les dirigeants staliniens, socialistes, républicains bourgeois, nationalistes catalans…, qui justifiaient leur politique contre révolutionnaire au nom du fait que l’urgence était « la défense de la démocratie contre le fascisme », « pour la révolution, on verrait plus tard ». En réalité, c’était l’affrontement de classe qui se poursuivait dans le camp de la république dans lequel se mettait en place, à l’initiative des masses populaires, une nouvelle organisation économique et politique, un pouvoir des travailleurs : « sauver la démocratie », c’est-à-dire rétablir le contrôle de la bourgeoise sur l’économie et le pouvoir d’Etat, exigeait la liquidation de cette révolution…

L’affrontement s’achevait début mai 1937 à Barcelone par la « victoire » des tenants de la « démocratie », qui n’ont pas hésité pas à liquider physiquement nombre de militants révolutionnaires, taxés de complicité avec le fascisme. Mais en détruisant le processus révolutionnaire en cours, les contre-révolutionnaires « antifascistes » désarmaient aussi les forces vives de la guerre contre Franco et condamnaient, de ce fait, leur camp à la défaite. C’était chose faite en mars 1939, avec l’entrée des troupes franquistes dans Madrid, le début de 36 années de dictature fasciste…

Cette histoire reste pour les militants anticapitalistes révolutionnaires d’aujourd’hui riche d’enseignements précieux, sur lesquels la commémoration des évènements de juillet 36 nous donne l’occasion de revenir aujourd’hui.

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