travailleurs espagnolsIls ont été recrutés pour la fin des travaux du Grand Stade à Bordeaux. Officiellement ils travaillent pour la société Wit et Ki sous-traitante du Groupe Fayat (maitre d’oeuvre du chantier).

Ces intermédiaires espagnols assurent la "traite" de ces salariés sur Bordeaux mais aussi sur les chantiers d'un stade à Paris, d'un hôpital à Lille. La société Wit et Ki change de nom d'une ville à l'autre. Une histoire incroyable mais qui existe certainement sur tous les gros chantiers actuels. Ces ouvriers viennent tous de la banlieue de Madrid. Ils n'ont pas de contrat écrit, ils sont logés dans un genre d'hôtel à Bègles.

Rapidement quand ils ont demandé leur paye, ils ont eu la menace d'être virés et renvoyés chez eux s'ils protestaient, s'ils se lançaient dans une grève ou un mouvement social. Ils n'ont pas d'argent à envoyer à leur famille en Espagne et les conséquences ne se font pas attendre : chez eux, ils ont des coupures de gaz, d'électricité, des menaces sur leur logement. Un ouvrier suite un accident du travail (qui n'en est pas un officiellement) a été amené par le chef à l'hôpital mais a dû se débrouiller pour payer. Pas de déclaration, ni papier.

Un rassemblement CGT a eu lieu le 10 avril pour les soutenir. Quelques média étaient présents. Les prud'hommes ont été saisis en référé par l'UD33. Le soutien s'organise. Des ouvriers ont pris la parole pour raconter leurs histoires, ils sont touchés par la solidarité qui s'exprime.

En revanche, silence incroyable des pouvoirs publics, de la Région PS, de la Métropole UMP (Juppé) qui ont particulièrement bien aidé à financer ce nouveau stade qui rentre dans la liste des "projets" nuisibles.

(Extrait du bulletin L'aile Rouge de Dassault)