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Les gilets jaunes sont toujours là, après plus de trois mois de mobilisation, avec la fierté de relever la tête, exprimer sa colère, contester les injustices, défier le pouvoir… la dignité d’affirmer son droit à l’existence face à ce système au service des riches. Depuis cent jours, le mouvement tient bon, malgré la répression, le bluff du grand débat, les médias qui l’enterrent…
La mobilisation du 23 février (Acte XV) a apporté la réponse du mouvement à la campagne haineuse du pouvoir, avec l’appui du PS, de LR et de nombreux médias, accusant les gilets jaunes d’antisémitisme et de racisme pour salir et affaiblir leur lutte.
Nombre de gilets jaunes ont dénoncé à la fois les actes racistes et antisémites… et la manœuvre de Macron menant une campagne contre eux pour essayer de sortir de la crise. Sa politique est un cadeau pour Le Pen. En tenant des propos méprisants contre « le boxeur gitan », en fermant les frontières aux migrants de l’Aquarius, en expulsant des milliers de sans-papiers, il alimente les préjugés racistes et mène une politique profondément réactionnaire, nourrissant le terreau pourri qui fait prospérer Le Pen. Macron cherche à retrouver une base sociale, il est en campagne pour les Européennes, prétendant cyniquement se présenter comme un rempart face à l’extrême droite…

Face à eux, nous avons besoin d’affirmer nos intérêts de classe, ceux des travailleurs de toutes origines. Il est nécessaire d’aider le mouvement à se dégager de la confusion véhiculée par les populistes qui brandissent le bleu-blanc-rouge, la Marseillaise et le repli derrière les frontières nationales. C’est en s’appuyant sur ces préjugés que Le Pen prétend récupérer une partie du mouvement pour le tirer vers le poison du nationalisme et du racisme et faire le plein des voix aux Européennes.
Les manœuvres de Macron comme celles de Le Pen sont autant d’avertissements pour l’ensemble des travailleurs et pour le mouvement des gilets jaunes et donnent la mesure des étapes à franchir.
Des convergences se construisent : les liens entre militants syndicaux et gilets jaunes se renforcent à travers des assemblées et des coordinations, avec la préoccupation d’élargir le mouvement dans les entreprises. De plus en plus se discutent les enjeux de la lutte qui vont au-delà de la contestation de Macron et des injustices les plus criantes, avançant vers une contestation du capitalisme lui-même.
A travers les liens militants, se discutent et contestent aussi les calculs des dirigeants des confédérations syndicales et de la gauche opposés depuis le début à cette mobilisation qui leur échappe… alors que de nombreux syndiqués en sont les acteurs. Pour ces dirigeants, il est encore urgent d’attendre, la prochaine journée d’action appelée par la CGT, FO et Solidaires sera… le 19 mars… six semaines après la grève du 5 février !
Pour élargir la contestation, on ne pourra compter que sur nos liens à la base, pour faire de la politique nous aussi dans la période électorale qui s’ouvre, mais pour nos intérêts de classe : affirmer qu’il s’agit d’unifier le camp des travailleurs par une lutte d’ensemble, collective, contre l’injustice fiscale, pour le pouvoir d’achat, les augmentations de salaires et des pensions, le partage du travail. Pour mettre un coup d’arrêt à toutes les attaques anti-sociales et imposer nos droits, c’est une bataille prolongée qui est engagée par-delà les frontières, contre le capitalisme, ceux qui le servent et ceux qui veulent nous diviser.
Nous vous invitons à venir discuter de toutes ces questions à notre meeting du 4 avril avec Philippe Poutou. Pour discuter aussi d’où en sera le mouvement, quelles seront ses perspectives ? Comment regrouper ceux qui en sont les actrices et acteurs, les révolutionnaires, ceux qui veulent faire de la politique, mener la lutte de classe pour nos droits aujourd’hui, pour un pouvoir des travailleurs demain…

Mardi 27 février 2019

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