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En Algérie, les manifestations contre le pouvoir ont rassemblé vendredi 8 mars des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs dans les grandes villes du pays, bien plus que lors des précédentes journées de contestation. C’est la réponse de la rue à la provocation du pouvoir qui veut maintenir la candidature de Bouteflika, président fantôme, pour mieux continuer à détourner les richesses et exploiter la population.
La situation inquiète Macron et les classes dirigeantes. La révolte des manifestants qui défient la dictature trouve déjà un écho dans la communauté algérienne comme l’ont montré les manifestations de solidarité en France, et elle pourrait en trouver aussi dans les quartiers populaires, dans le mouvement social, Gilets jaunes et l’ensemble des travailleurs. Ces révoltes sont liées, en particulier depuis la crise de 2008, où en Algérie comme dans le monde entier, l’offensive contre les travailleurs et les peuples s’est partout intensifiée.

Les manifestations du 8 mars ont mis sur le devant de la scène l'actualité de la lutte pour les droits des femmes, une lutte qui est partie prenante des luttes pour les droits économiques, sociaux, démocratiques de toutes et tous, une lutte internationale.
Après plus de 3 mois de mobilisation, les Gilets jaunes sont eux aussi toujours là, avec la fierté de relever la tête, exprimer sa colère, contester les injustices, défier le pouvoir… la dignité d’affirmer son droit à l’existence face à ce système au service des riches.
Le mouvement tient bon, malgré la répression, dénoncée même par l’ONU qui exige une « enquête approfondie » sur les violences policières ! Mais qu’importe pour Macron, qui provoque à nouveau en répondant « ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit » !
Ce mépris renvoie à la campagne médiatique contre le mouvement, le bluff du grand débat ou les manœuvres haineuses du pouvoir, qui accuse les gilets jaunes d’antisémitisme et de racisme pour salir et affaiblir leur lutte. Mais c’est la politique de Macron qui est un vrai cadeau pour Le Pen, lorsqu’il distingue Pétain de « grand soldat », tient des propos méprisants contre « le boxeur gitan » ou ferme les frontières aux migrants de l’Aquarius.
Face à eux, nous avons besoin d’affirmer nos intérêts de classe, ceux des travailleurs de toutes origines. Il est nécessaire d’aider le mouvement à se dégager de la confusion véhiculée par les populistes qui brandissent le bleu-blanc-rouge, la Marseillaise et le repli derrière les frontières nationales. C’est en s’appuyant sur ces préjugés que Le Pen prétend récupérer une partie du mouvement pour le tirer vers le poison du nationalisme et du racisme et faire le plein des voix aux Européennes.
Les manœuvres de Macron comme celles de Le Pen sont autant d’avertissements pour l’ensemble des travailleurs comme pour le mouvement des gilets jaunes et donnent la mesure des étapes à franchir.
Des convergences se construisent : les liens entre militants syndicaux et gilets jaunes se renforcent, avec la préoccupation d’élargir le mouvement dans les entreprises. De plus en plus se discutent les enjeux de la lutte qui vont au-delà de la contestation de Macron et des injustices les plus criantes, avançant vers une contestation du capitalisme lui-même.
A travers les liens militants, se discutent aussi les calculs des dirigeants des confédérations syndicales et de la gauche, opposés depuis le début à cette mobilisation qui leur échappe… alors que de nombreux syndiqués en sont les acteurs. Pour ces dirigeants, il est encore urgent d’attendre, la prochaine journée d’action appelée par la CGT, FO et Solidaires sera… le 19 mars… six semaines après la grève du 5 février !
Pour élargir la contestation, on ne pourra compter que sur nos liens à la base, pour faire de la politique nous aussi dans la période électorale qui s’ouvre, pour y défendre nos intérêts de classe : affirmer qu’il s’agit d’unifier le camp des travailleurs par une lutte d’ensemble, collective, contre l’injustice fiscale, pour le pouvoir d’achat, les augmentations de salaires et des pensions, le partage du travail.
Affirmer qu’il est urgent d’imposer la réquisition des entreprises qui licencient pour satisfaire les intérêts des actionnaires, comme à Ford Blanquefort. Après avoir fait mine de condamner Ford, l’Etat vient de valider le plan de fermeture de l’usine. Quoi d’étonnant de la part d’un pouvoir qui aide les patrons à licencier comme bon leur semble ! La lutte contre les licenciements ne peut dépendre que de l’intervention directe des travailleurs, de nos luttes.
Pour mettre un coup d’arrêt à toutes les attaques anti-sociales et imposer nos droits, c’est une bataille prolongée qui est engagée par-delà les frontières, contre le capitalisme, ceux qui le servent et ceux qui veulent nous diviser.
Nous vous invitons à venir discuter de toutes ces questions à notre meeting du 4 avril avec Philippe Poutou. Pour discuter aussi d’où en sera le mouvement, quelles seront ses perspectives ? Comment regrouper ceux qui en sont les actrices et acteurs, les révolutionnaires, ceux qui veulent faire de la politique, mener la lutte de classe pour nos droits aujourd’hui, pour un pouvoir des travailleurs demain…
Vendredi 9 mars 2019

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