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Jeudi 12, les 863 salariés de l’usine Bridgestone de Béthune apprenaient qu’ils seraient licenciés dès le 1er avril prochain. Lemaire, Bertrand (président de la région Hauts de France) et bien d’autres avaient pourtant déclaré bien haut qu’il n’était pas question de laisser faire… Chanson bien connue, en particulier ici avec Ford Blanquefort, et qui n’a pas d’autre fonction que de tenter de désarmer les travailleurs, de les endormir avec de faux espoirs. Les mêmes « promettent » maintenant de « travailler à un bon scénario de reprise », d’aider les futurs chômeurs à « améliorer le plan social » !

La logique d’une politique au service des plus riches

Leurs mensonges et leur cynisme sont à la mesure de leur soumission aux intérêts des grands patrons industriels et financiers. Avec la crise du covid, les aides publiques pleuvent par milliards dans leurs coffres. Loin de « sauver les emplois », comme le prétendent Macron, Castex et cie, ils font le bonheur du CAC40 où les fortunes s’envolent. Pendant ce temps, restructurations et plans de licenciements s’enchaînent dans les secteurs qui, comme l’aéronautique, ont empoché l’essentiel du pactole des « plans de relance ». Depuis mars, selon la Dares, service de statistiques du ministère du travail, 65 800 personnes ont été touchées par des PSE, plus du double qu’au cours de la même période en 2019. D’innombrables travailleurs, salariés comme indépendants, perdent en partie voire complètement leurs moyens d’existence. Ici, dans un des pays les plus riches du monde, 8 millions de personnes - 12 % de la population – ont recours à l’aide alimentaire, 10 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté, 1063 euros par mois…

C’est avec la même servilité vis-à-vis des plus riches que le gouvernement a mis en place le second confinement. Toute la vie sociale est confinée, placée sous le contrôle des flics de Darmanin dont le projet de loi « sécurité globale » aggrave la politique sécuritaire indissociable des attaques antisociales. Mais pas question d’échapper à l’obligation d’aller au boulot, avec tout ce que cela implique de risques dans les entreprises elles-mêmes, dans les transports en commun bondés. Quant aux enfants, ils iront à l’école, masqués à partir de 6 ans, pour que leurs parents puissent aller travailler.

Les hôpitaux, eux, sont de nouveau au bord de l’asphyxie. Aucune des mesures d’urgence indispensables, celles  qu’exigent depuis des années les personnels hospitaliers pour restaurer le service public hospitalier détruit par des décennies de casse, n’ont été prises suite à l’alerte de la première vague. Au contraire, la politique de casse s’est poursuivie tandis que le gouvernement tentait d’endormir la colère des soignants avec le Ségur. Cette colère est loin d’être morte et se nourrit de l’aggravation des conditions de travail, du sentiment d’être pris pour des imbéciles, comme grandit celles des enseignants contre le mépris de Blanquer et l’absurdité de ses dictats. Et les manifestations, celles des soignants le 7 à Toulouse, des enseignants partout en France le 10, celles contre la loi "sécurité globale" qui ont rassemblé des milliers de personnes le 17, celle en préparation pour le 5 décembre pour l’interdiction des licenciements, etc., montrent bien que cette colère ne se laissera pas confiner. 

Ne compter que sur nos luttes, notre solidarité de travailleurs

Le pouvoir ne peut masquer son impuissance face l’aggravation de la situation sanitaire, économique et sociale et l’opposition parlementaire en profite pour s’indigner. Du RN à LFI en passant par le PS et le PCF, chacun y va de son couplet sur la fermeture de Bridgestone : « impuissance » du gouvernement, incapacité à « se faire respecter », à assurer la « souveraineté industrielle »… A droite comme à gauche, les grandes manœuvres ont commencé en vue des prochaines échéances électorales et tous voudraient nous faire croire que s’ils étaient à la place de Macron, les choses seraient différentes…

Mais empêcher les patrons des multinationales industrielles ou financières de licencier, de fermer leurs usines ici pour les implanter ailleurs à seule fin d’optimiser leurs profits, imposer un plan d’urgence à la hauteur des enjeux, dans la santé, l’éducation, l’ensemble des services utiles à la population n’est pas une question de bon ou mauvais programme électoral, ni de « volonté » politique. Cela implique de remettre en cause le pouvoir des patrons de faire ce qu’ils veulent de leurs capitaux et de leur entreprises, autrement dit leur droit de propriété.

Et cela, nous seuls, travailleurs avec ou sans emploi, salariés ou indépendants, jeunes, pourrons l’imposer, par nos luttes, en fédérant nos colères, nos révoltes, pour imposer le respect de nos vies, de nos droits, faire notre propre politique, en toute indépendance des marchands d’illusions.

Editorial d'Anticapitalistes ! n°98 du 19-11-2020

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