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Le projet de loi dite « pouvoir d’achat » a été votée par les macronistes, les Républicains et le Rassemblement national, tous d’accord pour s’opposer aux augmentations de salaires... et avec l’abstention des élus du PS.

Les députés RN, LR et Ensemble ont voté contre la proposition de la Nupes d’un SMIC à 1500 € (il passera à 1 329,06 € le 1er août).

Ce bloc réactionnaire, anti-ouvrier, prétend améliorer le pouvoir d’achat, alors que l’essentiel des mesures de cette loi aggrave la situation des classes populaires.

Une loi contre les travailleur·ses

Sous couvert de quelques primes exceptionnelles et défiscalisées, d’une hausse des retraites de base et de prestations sociales de 4 %, du salaire des fonctionnaires de 3,5 %, bien en deçà de l’inflation, pas question pour le gouvernement et le Parlement de prendre des mesures pour contraindre les entreprises à une augmentation générale des salaires. Alors même que dans 135 branches, les minimas sont en-dessous du SMIC ! Ils proposent juste quelques primes ponctuelles dans l’espoir de retarder l’explosion de la colère des classes populaires et des travailleurs contre l’envolée des prix et le blocage des salaires, contre le manque de moyens dans la santé, l’éducation, chez les pompiers...

Les grèves pour les salaires se multiplient malgré la période de congés, dans le transport aérien, l’hôtellerie, les éboueurs à Auxerre, dans l’industrie...

Pour les salariés du privé, les députés ont voté la possibilité d’une « prime partage de la valeur » défiscalisée, dont le plafond est à 3000 €, ou 6000 € s’il y a un accord d’intéressement. Non seulement ça ne résout rien mais combien de patrons refuseront tout net ? Les autres se serviront de cette possibilité de prime pour refuser les augmentations nécessaires !

Et en même temps, Le Maire annonce une réduction massive de la dépense publique, ce qui veut dire moins de travailleurs dans les services publics, dans les services communaux… avec de graves conséquences pour la population, les usagers qui subissent déjà de plein fouet les restrictions du service public.

Une loi contre le climat… et pour les profits de Total and Co

Alors que les méga-incendies en Gironde et dans le sud de l’Europe confirment l’urgence d’agir pour le climat, de repenser toute la production, de contraindre les entreprises et d’augmenter les moyens de protection, le même projet de loi aggrave le dérèglement climatique... et fait, entre autres, de nouveaux cadeaux à Total.

Réouverture d’une centrale électrique à charbon, alors que cette technologie représente 45 % des émissions mondiales de CO2, installation d’un terminal méthanier pour importer essentiellement du gaz de schiste, technologie particulièrement chère et contribuant au réchauffement, mais qu’importe, les affaires sont les affaires, et Total peut se frotter les mains, lui qui en assurera l’exploitation…

Le même Total, qui gère un tiers des stations-service dans le pays, face à la menace de taxation de ses bénéfices, a annoncé une baisse ponctuelle de 20 centimes le litre d’essence… à partir de septembre. Une obole qui baissera à 10 centimes en novembre et décembre avant de disparaitre.

Escarmouches parlementaires ou lutte des classes pour conquérir la démocratie ?

Les députés Nupes ont multiplié amendements et déclarations à l’Assemblée, cherchant à adoucir les coups. Ruffin s’est même adressé aux macronistes : « Où est votre sens du compromis ? ».

Comme s’il pouvait y avoir un « compromis » avec le pouvoir au service de la finance et des multinationales !

La crise globale du capitalisme a des conséquences dramatiques pour les classes populaires du monde entier, chômage et inflation, faim, misère, guerre, bouleversements climatiques... Et face aux révoltes, les classes dominantes et les Etats à leur service répriment la contestation et préparent le terrain aux partis d’extrême-droite.

Il n’y a place pour aucun « compromis » entre la finance, les multinationales, les classes dominantes, et leur personnel politique d’un côté et le monde du travail, les pauvres, les jeunes de l’autre. Celles et ceux qui voudraient en entretenir l’illusion ne peuvent que paralyser la révolte des opprimé.es alors qu’il s’agit au contraire de l’encourager et de l’armer politiquement.

Pour imposer les mesures d’urgence, immédiates d’un revenu minimum à 1800 € net, l’indexation des salaires sur l’inflation, c’est aux profits qu’il faut s’attaquer, contester leur sacro-sainte propriété sur l’économie dont elles tirent leurs fortunes.

Cette perspective est portée en germe par les nombreuses luttes qui éclatent sur les salaires, comme par celles qui contestent la casse sociale et environnementale. Pour mettre un coup d’arrêt à ce système incontrôlable et à la brutalité des classes dominantes, c’est bien la perspective d’un autre pouvoir qu’il s’agit de discuter au sein des résistances et des mobilisations, pour faire de chacune une étape pour reprendre nos affaires en main, conquérir la démocratie, aller vers une révolution pour une autre organisation de la société, socialiste et communiste.

De quoi nourrir les conversations, la réflexion tout au long de cet été…

Le 27 juillet 2022

 

la breche