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Chaque jour désormais, les chiffres de décès de personnes âgées en Ehpad sont égrenés de façon qui fait froid dans le dos alors que, là comme ailleurs, les conséquences de l’épidémie étaient pour une très grande part évitables ! A Mougins, dans les Alpes-Maritimes, 31 résidents d’un l’Ehpad Korian sont décédés du Covid 19. Il a fallu plusieurs semaines pour que ces morts soient enfin rendues publiques, comptabilisées, des semaines durant lesquelles les grands groupes du secteur ont tout fait pour les minimiser. Et quasiment partout, les familles ont été et sont toujours informées au minimum.

Tout le monde imagine sans mal le désarroi qui est celui des familles mais aussi du personnel démuni, qui n’a pas accès au minimum nécessaire pour se protéger et protéger les résidents !

Après les hôpitaux qui ont fait appel à la générosité publique pour acheter des thermomètres, le CHU de Bordeaux qui a appelé à verser des centaines de milliers d’euros dans une cagnotte en ligne pour acheter des respirateurs... après le scandale du manque de masques, l’ARS appelle à l’aide pour des… surblouses ! Et elle invite les entreprises de l’agroalimentaire, de l’aéronautique et autres, à faire le tour de leurs réserves pour voir tout ce qui peut y ressembler. Elle a même mis en ligne un formulaire d’appel à dons... Ça ne s’invente pas !

De son côté, la direction de l’hôpital de Libourne appelle les couturières volontaires à confectionner des blouses en coton et a fait appel à la population pour fournir le tissu nécessaire !

A l’heure où se succèdent les odes gouvernementales au « changement », les promesses de jours meilleurs, le directeur de l’ARS du Grand Est, Christophe Lannelongue, a déclaré vendredi dernier qu’il n’y avait « pas de raison de remettre en cause » la décision de supprimer 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy d’ici 2025.

Face aux réactions scandalisées, le ministre de la Santé a simplement twitté : « à Nancy comme partout, l’heure est à la mobilisation de tous pour faire face au #COVID19 […] L’heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent & de refonder notre Hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra ». Y’a pas à dire, on est de suite rassurés !

L’onde de choc sans précédent occasionnée par la propagation du coronavirus n’épargne personne. A l’heure actuelle, ce sont plus de quatre milliards de personnes qui, dans les faits, doivent être confinées. Encore faut-il bénéficier de conditions favorables au confinement.

Comment se confiner lorsqu’on ne bénéficie pas d’un logement ? Comment se confiner lorsqu’on vit souvent à plusieurs dans un logement insalubre, ou dans un hôtel réquisitionné par l’Etat pour des familles entières ? Comment se confiner lorsqu’on est un migrant, errant en ville sans solution, subissant une pression policière permanente ? Comment se confiner lorsqu’on est incarcéré dans des conditions inhumaines ?

A l’heure où les établissements de formation ont fermé mais tentent d’assurer, selon les directives, une certaine « continuité pédagogique », de nombreux étudiants en travail social (éducateurs...) sont rappelés sur le terrain pour venir renforcer les équipes et pallier le manque de personnel déjà réduit à peau de chagrin dans de nombreux établissements avant l’épidémie de Coronavirus.

Une note du ministère des solidarités demande aux étudiants de « s’engager » que ce soit sous la forme de CDD mais aussi de manière bénévole, sous la forme de stages par exemple, alors que les conditions sanitaires minimales pour protéger les salariés et les personnes accompagnées sont rarement assurées. Un appel qui tombe à point nommé lorsque certains collègues sur le terrain s’emploient à faire valoir leur droit de retrait pour inciter les directions à réagir lorsqu’elles sont parfois réticentes à mettre en œuvre des conditions d’accueil et de travail sécures.

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