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Vidéo de l'introduction de Bruno Bajou sur youtube :

https://youtu.be/SCB13AR9CQc

 

Depuis le confinement, de plus en plus de personnes ont dû recourir à l’aide alimentaire. « Ce virus a fait tomber les masques du système dans lequel on vit. Là où habituellement des familles se débrouillent pour survivre, avec ce confinement, elles n’arrivent même plus à se nourrir », expliquait Kamel Guémari, délégué syndical et militant de la lutte contre la fermeture du McDonald’s Saint-Barthélemy à Marseille, aujourd’hui réquisitionné pour l’aide alimentaire.

« Nous prenons soin de votre santé afin de conserver votre qualité de vie, dans le respect de vos envies et de vos souhaits » peut-on lire sur la page d’accueil du groupe Korian, « leader européen des services d’accompagnement et de soins aux seniors » qui compte près de 850 établissements en Europe dont 364 en France.

Et le groupe prend également soin de la « santé et de la qualité de vie » de ses actionnaires : il avait décidé le 27 février dernier de verser 54 millions d’euros de dividendes cette année… Ce n’est que suite au tollé provoqué par la diffusion de l’information, et alors que 606 pensionnaires de ses maisons de retraites sont mortes du Covid-19, que Korian a finalement fait marche arrière. No comment.

Avec la crise sanitaire et la récession, les plans de licenciements se poursuivent ou s’accélèrent.

Dans le Lot-et-Garonne, la société Hafner liquide sa filiale d’Estillac et licencie ses 42 salariés du jour au lendemain. Le site produisait des pâtisseries industrielles pour Intermarché. Les salariés ont manifesté devant leur usine le 23 avril et l’un d’eux révélait l’hypocrisie du pouvoir : « Nous ne comprenons pas comment c’est possible alors que le gouvernement avait assuré qu’aucun licenciement n’aurait lieu pendant cette période de confinement ».

Bordeaux Métropole a décidé le 16 avril d’allouer 15,2 millions d’euros à un fonds d’urgence destiné aux petites entreprises et associations, après une première annonce de 10 millions deux semaines auparavant. Et elle en a confié la gestion et la répartition  à... la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux ! Qui, en effet, pourrait mieux que quelques gros patrons bordelais gérer l’argent des contribuables ?

La semaine dernière, Sud-Ouest relatait fièrement la plongée inaugurale, en plein confinement, d’un nouveau sous marin d’attaque, le Suffren, premier d’une série de 6 dans les 10 ans. Une merveille de technologie paraît-il, capable de lancer dans une seule salve 4 missiles de croisière d’une portée de 1000 km ! Le programme se chiffre à plus de 9 milliards d’euros. Si l’on reprend l’estimation que l’historienne Ludivine Bantigny avait faite pour le Rafale, cette somme représente le salaire de 9000 infirmier-e-s sur 40 ans ! C’est clair, en pleine crise « sanitaire » le gouvernement affiche et assume ses choix ! Le coronavirus n’est pas oublié, la ministre des armées ayant précisé qu’il y avait eu tests et masques pour tout le monde ! Pas comme pour le Charles de Gaulle qui peut traverser un nuage nucléaire, bactériologique ou chimique, mais flanche calamiteusement face à un virus à l’intérieur (1081 marins testés positifs) !

Dérapages (de Ziad Doueiri)

(d’après le roman Cadres noirs de Pierre Lemaitre, avec Eric Cantona, série de 6 épisodes de 52 mn disponible sur Arte jusqu’au 13 mai)

Un cadre des Ressources humaines licencié et usé accumule les petits boulots et les humiliations jusqu’au jour où… et c’est l’escalade. Avec la complicité d’un compagnon de galère viré comme lui, c’est la tentative de revanche de ceux qui « ont fait Pôle emploi ensemble » prenant à leur propre piège les dirigeants d’une grande multinationale française, avec les mêmes méthodes de violence et de manipulation. L’occasion d’une charge cinglante contre leur morale et leur monde.

Au 1er mars 2020, selon l’administration pénitentiaire en France, il y avait 72 400 personnes incarcérées, hommes, femmes et mineurs, un record absolu. Avec toutes les conséquences de la surpopulation principalement en maisons d’arrêt où bien trop souvent 3 personnes s’entassent dans un peu moins de 9 m2, comme à Gradignan, l’un des 3 dormant matelas au sol (malgré les condamnations récurrentes de la Cour Européenne envers la France)…

Le Président Macron a décidé brutalement d’un déconfinement le 11 mai avec ouverture des écoles le lendemain, au mépris de l’avis du Conseil Scientifique qu’il a lui-même désigné, et qui proposait « de maintenir fermés crèches, écoles, collèges et universités jusqu’en septembre. » Il a déclaré que la décision de Macron de déconfiner le 11mai était « principalement économique », ce que le Premier ministre et Bruno le Maire ont confirmé. Car ce qui préoccupe Macron et son monde, c’est la relance de la machine à profits, que le maximum de parents retourne au travail et que les écoles réouvrent pour garder leurs enfants.

« Il faut sauver notre compagnie nationale », a expliqué Le Maire à propos d’Air France - KLM... pour expliquer le cadeau de 7 milliards d’euros sous forme de prêts. De son côté, Renault négocie un prêt garanti par l’Etat d’environ 5 milliards. Quant à Airbus, la direction a préparé le terrain lundi dans un courrier aux salariés : « Nous sommes confrontés à un déséquilibre grave et immédiat entre nos recettes et nos coûts... Nous nous vidons de notre cash à une vitesse sans précédent, ce qui pourrait mettre en péril l’existence même de l’entreprise ». S’il ne demande pas (encore) de prêt garanti par l’Etat, Airbus demande un « effort » public européen pour le financement des projets de recherche et de développement…

Le Maire s’est engagé à garantir aux entreprises jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts, l’Etat se portant garant jusqu’à 90 % de la somme auprès des banques…

Les banques sont en ébullition : elles négocient les conditions de ces prêts pour s’assurer du meilleur retour sur investissement. Et elles sont d’autant plus exigeantes de garanties qu’elles ont jusqu’à peu prêté sans compter… Le décalage entre les fonds prêtés et les fonds propres des banques a atteint ces dernières années des sommets, de quoi nourrir aujourd’hui l’inquiétude du monde financier face à la récession et la probable insolvabilité de nombre d’entreprises débitrices.

Ce que le journal Les Echos ce lundi traduisait par : « Coronavirus : pourquoi il va falloir aider les banques »... Car le prétendu « goût du risque » des premiers de cordée et autres trapézistes de la finance… n’est que le goût de leurs profits. Les risques, c’est à la collectivité, aux travailleurs qu’ils les font prendre.

Isabelle Ufferte

 

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