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Vidéo de l'introduction de Bruno Bajou sur youtube :

https://youtu.be/SCB13AR9CQc

 

« Il faut sauver notre compagnie nationale », a expliqué Le Maire à propos d’Air France - KLM... pour expliquer le cadeau de 7 milliards d’euros sous forme de prêts. De son côté, Renault négocie un prêt garanti par l’Etat d’environ 5 milliards. Quant à Airbus, la direction a préparé le terrain lundi dans un courrier aux salariés : « Nous sommes confrontés à un déséquilibre grave et immédiat entre nos recettes et nos coûts... Nous nous vidons de notre cash à une vitesse sans précédent, ce qui pourrait mettre en péril l’existence même de l’entreprise ». S’il ne demande pas (encore) de prêt garanti par l’Etat, Airbus demande un « effort » public européen pour le financement des projets de recherche et de développement…

Le Maire s’est engagé à garantir aux entreprises jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts, l’Etat se portant garant jusqu’à 90 % de la somme auprès des banques…

Les banques sont en ébullition : elles négocient les conditions de ces prêts pour s’assurer du meilleur retour sur investissement. Et elles sont d’autant plus exigeantes de garanties qu’elles ont jusqu’à peu prêté sans compter… Le décalage entre les fonds prêtés et les fonds propres des banques a atteint ces dernières années des sommets, de quoi nourrir aujourd’hui l’inquiétude du monde financier face à la récession et la probable insolvabilité de nombre d’entreprises débitrices.

Ce que le journal Les Echos ce lundi traduisait par : « Coronavirus : pourquoi il va falloir aider les banques »... Car le prétendu « goût du risque » des premiers de cordée et autres trapézistes de la finance… n’est que le goût de leurs profits. Les risques, c’est à la collectivité, aux travailleurs qu’ils les font prendre.

Isabelle Ufferte

 

« Nos concitoyens ont besoin de héros du quotidien qui donnent à rêver. Qu’ils soient boulangers, instituteurs ou aides-soignants, ils sont les détenteurs d’une part de l’énergie de la Nation ». Nous sommes à l’Elysée en… janvier 2018 où Macron présente ses vœux aux « corps constitués et aux forces vives de la Nation ».

« Nous devons renouer avec le goût du risque et renoncer à la peur de l’échec. Nous ne sommes pas une Nation d’assis, faites par des femmes et des hommes qui n’ont pas osé. Au contraire ».

En effet, il y en a qui osent tout...

La semaine dernière, sept collègues de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont été convoqués dans des entretiens préalables à sanction, suite à la divulgation dans la presse du plan de la CDC pour l’hôpital public.

Macron avait mandaté la Banque des Territoires, entité de la CDC, pour travailler à ce plan, au moment où la pandémie Covid-19 confirmait les défaillances de notre système de santé dues à des politiques irresponsables des gouvernements successifs : fermetures de lits, réductions des effectifs depuis des années et, depuis le début de cette crise sanitaire, incapacité à fournir du matériel de protection aux personnels soignants.

Même si la région Nouvelle Aquitaine est la moins violemment impactée par le Covid-19, les personnes âgées résidant en Ehpad y représentent une proportion anormalement élevée des malades et des décès, comme dans l’ensemble du pays.

En Gironde, les chiffres publiés dans les rapports quotidiens de l’Agence Régionale de Santé permettent d’en prendre la mesure. Depuis le début de l’épidémie, l’ARS a recensé un total de 135 personnes décédées des suites du Covid dans le département. Parmi elles, 64 (soit 47 %) résidaient en Ehpad.

Des chiffres qui sont une terrible accusation des conditions d’hébergement et de soins dans les établissements pour personnes âgées dépendantes où le manque de personnel criant est dénoncé depuis des années !

Dans un profond silence et le plus total isolement, des milliers d’étudiants sont actuellement confinés sur le Campus à Pessac, dont beaucoup, dans une grande précarité, dépendent de l’aide alimentaire pour survivre.

Pris au piège du confinement loin de leur famille (beaucoup sont d’origine étrangère) ayant perdu les petits boulots qui leur permettaient de joindre les deux bouts, ils n’ont plus accès aux restaurants universitaires, fermés depuis le début de l’épidémie.

La seule action mise en place par le Crous et la Banque alimentaire depuis quelques semaines est la distribution de paniers hebdomadaires. Mais leur nombre, comme la fréquence des distributions, sont bien loin de suffire.

Face à la situation de détresse de nombreux étudiants, à l’incapacité des pouvoirs publics à apporter une vraie réponse, un collectif « Solidarité Continuité Alimentaire Bordeaux » s’est constitué à l’initiative d’enseignants pour alerter l’opinion et apporter une aide concrète, aux côtés de diverses associations.

Dans le même temps, une pétition appelant à des mesures urgentes et en particulier à la suspension des loyers toujours prélevés par le CROUS a été lancée : https://pads.domainepublic.net/p/9g3v-tribune-de-la-faim

Isabelle Ufferte

La “crise” sanitaire dévoile à nouveau les contradictions inhérentes au capitalisme sur différentes dimensions, et notamment à l’Université.

Depuis des années, les universités, en France comme à l’international, subissent l’attaque destructrice des logiques néolibérales qui s’y imposent. Les fusions d’université comme celle de Bordeaux, qui visent la création de grands pôles à même de jouer dans la « cour des grands » de l’enseignement supérieur et de la recherche mondialisée, ne sont qu’une des faces visibles de ce processus.

Une tribune signée « Des militant.e.s bordelais.e.s solidaires des luttes des personnes migrantes », publiée le 24 avril sur Médiapart (https://blogs.mediapart.fr/solidarite-migrantes) dénonce la politique de l’Etat contre les migrants en cette période de confinement, et notamment la pression pour les faire travailler dans l’agriculture.

Avec le confinement, ce secteur manque de main d’œuvre saisonnière, constituée à près de 80% de salariés étrangers. Fin mars, le ministère de l’Agriculture avait estimé à 200 000 personnes les besoins pour le ramassage des fraises et autres primeurs, lançant une plateforme en ligne « des bras pour ton assiette ».

Des centaines de locataires américains ne pouvant plus payer leur loyer, en particulier à New York, s’organisent pour faire la rent strike (grève de loyers) ce Premier mai.

Parmi eux, des travailleurs qui ont perdu leur emploi (en 5 semaines, le nombre de chômeurs a augmenté de 26 millions aux Etats-Unis !), serveurs, taxis, employés ou uber, et des locataires solidaires.

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