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« Face à la perspective de dizaines de milliers de suppressions d’emplois chez leurs fournisseurs, les industriels de l’aérospatial appellent à un plan de soutien de plusieurs milliards d’euros. Plusieurs dizaines de PME sont au bord du gouffre », écrivait le journal économique Challenges le 6 mai.

Selon lui, « le bain de sang » dans le secteur aéronautique aurait commencé avec les annonces massives de licenciements partout dans le monde : 13 000, 25 % des effectifs, chez le constructeur US Général Electric ; 8000 chez Rolls Royce, 15 % des effectifs ; 16 000 chez Boeing, 10 % des effectifs… Airbus a réduit sa production de 30 %, et la baisse pourrait aller jusqu’à 50 %, menaçant quelques 50 000 emplois directs et indirects, dans la seule région d’Occitanie…

Le 30 avril, dans une école ouverte durant le confinement à Bordeaux, le directeur général des services de Bordeaux Métropole est venu voir (en lieu et place du maire) comment travaillaient des ATSEM et animateurs en charge d’enfants de soignants.

Il les a remerciés durant de longues minutes pour leur travail qui ne l’avait pas beaucoup intéressé auparavant. Il n’a pas su répondre à leurs questions concernant le déconfinement, combien il y aurait d’enfants dans ce centre, avec combien d’animateurs, d’ATSEM ; tout cela devait être ajusté…

L’Insee a publié une étude le 7 mai sur les conséquences de la crise. Pour la région Nouvelle Aquitaine, « l’activité économique », comme ils désignent la production de richesses, recule de 31 % par rapport à la même période l’an dernier (-33 % pour l’ensemble du pays). Un tiers de richesses produites en moins, une récession profonde est engagée.

Ces derniers jours, E. Philippe a parlé de « risque d’écroulement », d’« effondrement », précisant « je n’emploie pas ce terme au hasard ». Un autre jour, il parlait d’« un chemin de crête » face au risque, « celui de l’effondrement de la production. De l’incapacité de la redistribution. D’une catastrophe sociale à la sortie. D’une catastrophe pédagogique ».

Le patron d’ArianeGroup au Haillan, qui est aussi président de la branche métallurgie (UIMM) du Medef pour la Nouvelle-Aquitaine, a expliqué dans une interview à La Tribune comment il imaginait une relance économique : davantage de « souplesse pour l’application des nouvelles règles sanitaires dans les entreprises », mais aussi « un Plan Marshall centré sur la formation et l’apprentissage ». Une façon de drainer des capitaux publics vers le secteur privé, par le biais de la formation professionnelle, il sait que Rousset est très sensible à ce genre d’appels du pied.

Le confinement a été un coup dur pour de très nombreux travailleurs précaires. Peux-tu nous en décrire les conséquences pour les intermittents du spectacle ?

François - D’abord, on nous appelle intermittents du spectacle, mais ce n’est pas un métier en soi. C’est un régime adapté aux artistes et techniciens du spectacle pour qu’on ait droit au chômage comme tous les autres travailleurs. Ce statut nous définit comme « salarié dont l’activité présente une alternance de périodes travaillées et non travaillées », ce qui correspond aux périodes où on prépare les spectacles, les répétitions, réparation de matériel, recherche de contrats, etc.

A l’hôpital, l’hygiène et la gestion du risque de la contagion, c’est notre métier... Depuis des années, des protocoles détaillés définissent le type de protection que les soignants et les différents intervenants doivent porter pour protéger les patients, se protéger eux-mêmes et ne pas disséminer bactéries et virus… des mesures qui se renforcent régulièrement.

Mais depuis le début de l’épidémie, au CHU comme partout, les consignes n’ont cessé de se dégrader… pour s’adapter à la pénurie !

Depuis le confinement, de plus en plus de personnes ont dû recourir à l’aide alimentaire. « Ce virus a fait tomber les masques du système dans lequel on vit. Là où habituellement des familles se débrouillent pour survivre, avec ce confinement, elles n’arrivent même plus à se nourrir », expliquait Kamel Guémari, délégué syndical et militant de la lutte contre la fermeture du McDonald’s Saint-Barthélemy à Marseille, aujourd’hui réquisitionné pour l’aide alimentaire.

« Nous prenons soin de votre santé afin de conserver votre qualité de vie, dans le respect de vos envies et de vos souhaits » peut-on lire sur la page d’accueil du groupe Korian, « leader européen des services d’accompagnement et de soins aux seniors » qui compte près de 850 établissements en Europe dont 364 en France.

Et le groupe prend également soin de la « santé et de la qualité de vie » de ses actionnaires : il avait décidé le 27 février dernier de verser 54 millions d’euros de dividendes cette année… Ce n’est que suite au tollé provoqué par la diffusion de l’information, et alors que 606 pensionnaires de ses maisons de retraites sont mortes du Covid-19, que Korian a finalement fait marche arrière. No comment.

Avec la crise sanitaire et la récession, les plans de licenciements se poursuivent ou s’accélèrent.

Dans le Lot-et-Garonne, la société Hafner liquide sa filiale d’Estillac et licencie ses 42 salariés du jour au lendemain. Le site produisait des pâtisseries industrielles pour Intermarché. Les salariés ont manifesté devant leur usine le 23 avril et l’un d’eux révélait l’hypocrisie du pouvoir : « Nous ne comprenons pas comment c’est possible alors que le gouvernement avait assuré qu’aucun licenciement n’aurait lieu pendant cette période de confinement ».

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