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vignette reu police siteVoir l'introduction sur Youtube : https://youtu.be/tytOdTVVJwo

 

 

Bordeaux Métropole a décidé le 16 avril d’allouer 15,2 millions d’euros à un fonds d’urgence destiné aux petites entreprises et associations, après une première annonce de 10 millions deux semaines auparavant. Et elle en a confié la gestion et la répartition  à... la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux ! Qui, en effet, pourrait mieux que quelques gros patrons bordelais gérer l’argent des contribuables ?

La semaine dernière, Sud-Ouest relatait fièrement la plongée inaugurale, en plein confinement, d’un nouveau sous marin d’attaque, le Suffren, premier d’une série de 6 dans les 10 ans. Une merveille de technologie paraît-il, capable de lancer dans une seule salve 4 missiles de croisière d’une portée de 1000 km ! Le programme se chiffre à plus de 9 milliards d’euros. Si l’on reprend l’estimation que l’historienne Ludivine Bantigny avait faite pour le Rafale, cette somme représente le salaire de 9000 infirmier-e-s sur 40 ans ! C’est clair, en pleine crise « sanitaire » le gouvernement affiche et assume ses choix ! Le coronavirus n’est pas oublié, la ministre des armées ayant précisé qu’il y avait eu tests et masques pour tout le monde ! Pas comme pour le Charles de Gaulle qui peut traverser un nuage nucléaire, bactériologique ou chimique, mais flanche calamiteusement face à un virus à l’intérieur (1081 marins testés positifs) !

Dérapages (de Ziad Doueiri)

(d’après le roman Cadres noirs de Pierre Lemaitre, avec Eric Cantona, série de 6 épisodes de 52 mn disponible sur Arte jusqu’au 13 mai)

Un cadre des Ressources humaines licencié et usé accumule les petits boulots et les humiliations jusqu’au jour où… et c’est l’escalade. Avec la complicité d’un compagnon de galère viré comme lui, c’est la tentative de revanche de ceux qui « ont fait Pôle emploi ensemble » prenant à leur propre piège les dirigeants d’une grande multinationale française, avec les mêmes méthodes de violence et de manipulation. L’occasion d’une charge cinglante contre leur morale et leur monde.

Au 1er mars 2020, selon l’administration pénitentiaire en France, il y avait 72 400 personnes incarcérées, hommes, femmes et mineurs, un record absolu. Avec toutes les conséquences de la surpopulation principalement en maisons d’arrêt où bien trop souvent 3 personnes s’entassent dans un peu moins de 9 m2, comme à Gradignan, l’un des 3 dormant matelas au sol (malgré les condamnations récurrentes de la Cour Européenne envers la France)…

Le Président Macron a décidé brutalement d’un déconfinement le 11 mai avec ouverture des écoles le lendemain, au mépris de l’avis du Conseil Scientifique qu’il a lui-même désigné, et qui proposait « de maintenir fermés crèches, écoles, collèges et universités jusqu’en septembre. » Il a déclaré que la décision de Macron de déconfiner le 11mai était « principalement économique », ce que le Premier ministre et Bruno le Maire ont confirmé. Car ce qui préoccupe Macron et son monde, c’est la relance de la machine à profits, que le maximum de parents retourne au travail et que les écoles réouvrent pour garder leurs enfants.

« Il faut sauver notre compagnie nationale », a expliqué Le Maire à propos d’Air France - KLM... pour expliquer le cadeau de 7 milliards d’euros sous forme de prêts. De son côté, Renault négocie un prêt garanti par l’Etat d’environ 5 milliards. Quant à Airbus, la direction a préparé le terrain lundi dans un courrier aux salariés : « Nous sommes confrontés à un déséquilibre grave et immédiat entre nos recettes et nos coûts... Nous nous vidons de notre cash à une vitesse sans précédent, ce qui pourrait mettre en péril l’existence même de l’entreprise ». S’il ne demande pas (encore) de prêt garanti par l’Etat, Airbus demande un « effort » public européen pour le financement des projets de recherche et de développement…

Le Maire s’est engagé à garantir aux entreprises jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts, l’Etat se portant garant jusqu’à 90 % de la somme auprès des banques…

Les banques sont en ébullition : elles négocient les conditions de ces prêts pour s’assurer du meilleur retour sur investissement. Et elles sont d’autant plus exigeantes de garanties qu’elles ont jusqu’à peu prêté sans compter… Le décalage entre les fonds prêtés et les fonds propres des banques a atteint ces dernières années des sommets, de quoi nourrir aujourd’hui l’inquiétude du monde financier face à la récession et la probable insolvabilité de nombre d’entreprises débitrices.

Ce que le journal Les Echos ce lundi traduisait par : « Coronavirus : pourquoi il va falloir aider les banques »... Car le prétendu « goût du risque » des premiers de cordée et autres trapézistes de la finance… n’est que le goût de leurs profits. Les risques, c’est à la collectivité, aux travailleurs qu’ils les font prendre.

Isabelle Ufferte

 

« Nos concitoyens ont besoin de héros du quotidien qui donnent à rêver. Qu’ils soient boulangers, instituteurs ou aides-soignants, ils sont les détenteurs d’une part de l’énergie de la Nation ». Nous sommes à l’Elysée en… janvier 2018 où Macron présente ses vœux aux « corps constitués et aux forces vives de la Nation ».

« Nous devons renouer avec le goût du risque et renoncer à la peur de l’échec. Nous ne sommes pas une Nation d’assis, faites par des femmes et des hommes qui n’ont pas osé. Au contraire ».

En effet, il y en a qui osent tout...

La semaine dernière, sept collègues de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont été convoqués dans des entretiens préalables à sanction, suite à la divulgation dans la presse du plan de la CDC pour l’hôpital public.

Macron avait mandaté la Banque des Territoires, entité de la CDC, pour travailler à ce plan, au moment où la pandémie Covid-19 confirmait les défaillances de notre système de santé dues à des politiques irresponsables des gouvernements successifs : fermetures de lits, réductions des effectifs depuis des années et, depuis le début de cette crise sanitaire, incapacité à fournir du matériel de protection aux personnels soignants.

Même si la région Nouvelle Aquitaine est la moins violemment impactée par le Covid-19, les personnes âgées résidant en Ehpad y représentent une proportion anormalement élevée des malades et des décès, comme dans l’ensemble du pays.

En Gironde, les chiffres publiés dans les rapports quotidiens de l’Agence Régionale de Santé permettent d’en prendre la mesure. Depuis le début de l’épidémie, l’ARS a recensé un total de 135 personnes décédées des suites du Covid dans le département. Parmi elles, 64 (soit 47 %) résidaient en Ehpad.

Des chiffres qui sont une terrible accusation des conditions d’hébergement et de soins dans les établissements pour personnes âgées dépendantes où le manque de personnel criant est dénoncé depuis des années !

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