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vignette reu police siteVoir l'introduction sur Youtube : https://youtu.be/tytOdTVVJwo

 

 

Voici l’essentiel des déclarations de Mónica Casanova, élue du NPA, le 12 juin dernier au 2ème conseil municipal de Lormont, une assemblée à la majorité PS/PC/Verts et LREM.

La vidéo d’extraits de la retransmission en direct sera sur le site ultérieurement.

Sur le règlement intérieur du conseil municipal :

Ce règlement correspond à votre conception de la démocratie, celle d’une commune dans la République actuelle, dans le cadre de sa Constitution et des institutions de 1958 avec des pouvoirs non discutables du maire, des comptes-rendus quasiment inexistants à la population, des tribunes réduites à peau de chagrin... Ce règlement n’est pas le produit d’une discussion, d’un dialogue quelconque avec les administrés ni avec l’ensemble des élus.

Cela ne me surprend pas vu que vos institutions ne sont démocratiques que pour gérer localement et nationalement les affaires courantes de la commune dans le cadre d’un système que je combats.

Or, depuis plus d’un an avec les Gilets jaunes puis avec la grève des cheminots contre les retraites et la réforme du Bac, des milliers de personnes à travers le pays et aussi dans notre commune, dans ses lycées et écoles, s’organisent. Elles débattent et prennent conscience de la nécessité de prendre leurs affaires en mains, c’est-à-dire de faire elles-mêmes leur politique par-delà les partis institutionnels comme les vôtres, par-delà même des syndicats souvent paralysés par les assemblées et collectifs qui émergent avec des militants de la lutte dont des syndicalistes -comme nous, au NPA- mais parfois même sans eux.

Ces prémisses d’organisation à la base montrent que les salariés, la population et même la jeunesse -qui, depuis l’assassinat de George Floyd aux Etats-Unis, organise des marches de jeunes voire très jeunes y compris des quartiers hors de tout contrôle politique depuis deux semaines-, ils veulent se mêler de leurs affaires, faire entendre leur voix et exigence de justice, opposées à celle d’un système capitaliste au service d’une minorité de nantis servis par des forces de l’ordre sous leur contrôle dont des membres alimentent les préjugés racistes les plus arriérés et vils.

Par ailleurs, le désengagement de l’État, comme l’augmentation des responsabilités incombant aux communes sans les moyens financiers nécessaires, augmentent de fait les problèmes et les dangers que la situation de crise globale fait peser sur les maires et les communes. Ils engendreront des débats, des conflits, des luttes.

Leur solution ne sera pas dans ce qui a été fait par vous tous, encore plus d’austérité, gauche et droite unis, voire dans le dénigrement et la répression de ceux qui se révoltent, mais dans l’apprentissage de la lutte démocratique, à la base, des exploités pour diriger leurs propres affaires, les intérêts collectifs pillés par une minorité parasite de grands groupes et entreprises.

Contrairement aux années précédentes, je peux vous parler aujourd’hui d’une réalité plus concrète de ce que pourrait être la démocratie de la rue. Car elle s’est exprimée de diverses manières et durant des mois avant le confinement. Elle est riche d’une expérience vivante.

Cette réalité va dans le sens de ce que j’ai toujours défendu avec mes colistiers, une autre conception de ce que pourrait et devrait être une municipalité, gérée directement par ses salarié-es et la population, au service des mobilisations et des intérêts sociaux dans la ville et autour, contre les intérêts privés, pour les droits des travailleurs et de la collectivité.

C’est la raison pour laquelle je voterai contre ce règlement.

Dans la même logique, je ne présente pas de candidature et m’abstiendrai sur les votes de détermination de nombre d’élus et de représentants du conseil qui suivent (votes N° 2020/12.06/02, 2020/12.06/03 et 2020/12.06/04)

Vote du régime indemnitaire des élus :

Partisane comme les militants de ma liste aux municipales, de la démocratie directe de ceux qui sont concernés en premier lieu par les affaires de la ville, ses salariés, la population, je trouve discriminatoire que les salariés élus (de l’opposition ou pas) ne perçoivent aucun revenu pour leur travail municipal. Raison pour laquelle sans doute sont très rares les élus comme l’était Monsieur Delage, ouvriers ou encore éboueurs, infirmières, en activité…

D’ailleurs, des maires même, ceux de très petites et petites communes, sont pour beaucoup des travailleurs. Ils touchent une misère pour un travail à plein temps, sollicités y compris à leur domicile à tout moment. Ils n’ont pas la disponibilité de ceux qui cumulent responsabilités et indemnités avec divers postes dans les métropoles.

Quand il n’y a pas de rémunération (juste un congé sans solde à la discrétion de l’employeur), ce sont les salariés en premier lieu qu’on écarte de la chose politique. C’est un fait.

Et à l’opposé, la charte de l’élu local que vous avez lue au dernier conseil, Monsieur le maire, ne contient pas par hasard autant de préventions contre les dangers de la corruption, justement, par l’exercice politique. Je cite, contre « tout intérêt personnel…. avantage personnel ou professionnel…conflit d’intérêts… » Ce n’est pas de vous que je parle, -ne me faites pas dire ce que je ne dis pas-, mais de l’exercice de la fonction politique dans cette République, la vôtre, où les exemples de corruption sont si nombreux qu’il a fallu écrire cette nouvelle charte. Ce n’est pas de Lormont que je parle, cela concerne par exemple Levallois-Perret, des villes administrées par le FN mais pas seulement, en tout cas, je parle d’une réalité politique et sociale incontestable.

Pour l’éviter, le mouvement ouvrier a ses réponses qu’il a appliquées en particulier quand il s’est soulevé. En mars prochain, -j’anticipe-, on se souviendra peut-être de la Commune de Paris, brève prise du pouvoir par les travailleurs dans cette ville. Ils y ont imposé que tous, français ou étrangers, puissent être élus et révocables à tout moment, payés le salaire d’un ouvrier pour s’occuper des affaires politiques. (…)

Je continuerai à faire mon travail municipal du mieux que je pourrai, comme s'investissent des milliers d'habitants dans de multiples activités sociales, sans aide financière pour dégager du temps. Et je m'abstiendrai donc sur cette délibération.

 

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