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La journée de grève et de manifestation de jeudi a été un succès, avec près de deux millions de manifestants, dans les grandes villes et moyennes : 400 000 à Paris, 60 000 à Bordeaux, 14 000 à Pau, 8 000 à Bayonne, 6 000 à Agen... Et la grève a été particulièrement suivie dans certains secteurs, avec près de 50% de grévistes à EDF, 40% chez Engie, entre 70 et 100% selon les sites de TotalEnergies. Il n’y a eu presqu’aucun TER et peu de TGV. Dans l’éducation, 70% de grévistes dans le primaire. Ici, à l’usine Magna ex-Ford, menacée de fermeture par un repreneur-liquidateur, la grève a été suivie massivement. Et dans de nombreuses boites, des groupes de salariés, mêmes minoritaires, ont participé à la grève, et rejoint les manifestations.

La colère est profonde contre la politique de Macron qui veut nous faire plier l’échine pour continuer à arroser la finance. Le monde du travail et la jeunesse savent à quoi s’en tenir. L’offensive des classes dominantes s’accentue. Après les réformes de l’assurance-chômage qui ont baissé les indemnités des chômeurs en moyenne de 16 % et vont réduire la durée d’indemnisation de 25 % à partir du 1er février, la réforme des retraites annoncée par Borne pour être appliquée dès cet été est une déclaration de guerre contre les salarié.es et les plus pauvres.

Une seule réponse : retrait de la réforme !

Macron veut nous faire travailler jusqu’à 64 ans et augmenter le nombre d’annuités de cotisation à 43 ans pour obtenir le taux plein. Plus grand monde ne croit qu’il s’agirait de sauver le système des retraites, prétendument en déficit ou qui pourrait le devenir, le rendre plus juste… une propagande des gouvernements depuis plus de 30 ans et des patrons pour justifier la réforme. Augmenter les salaires et stopper les exonérations de cotisations des patrons ferait rentrer les milliards nécessaires non seulement au maintien mais à l’augmentation des pensions pour toutes et tous.

Cette réforme est une aberration alors que toujours plus de jeunes pointent au chômage et que nombre d’anciens n’arrivent déjà pas à tenir jusqu’à l’âge de la retraite… Mais ce que veulent Macron et les patrons, c’est verser moins de retraite et diminuer les pensions des retraités.

Non à la régression sociale

Une grande partie de la population et de la jeunesse a de plus en plus de difficultés à payer ses factures, y compris à se nourrir, avec une inflation à 6,1 %, à 12 % pour les produits alimentaires et en prime des factures de gaz et l’électricité qui vont grimper de 15 % avec la fin du « bouclier tarifaire ».

Gouvernement et patronat voudraient nous faire croire qu’en augmentant les salaires on alimenterait l’inflation, alors que la hausse des prix, c’est les profits qu’ont réalisés les grands groupes capitalistes qui ont profité du COVID et de la guerre en Ukraine. Les entreprises du CAC40 ont battu des records : en 2021, elles ont atteint 156,7 milliards de bénéfices, quatre fois plus qu’en 2020, et reversé à leurs actionnaires 80,5 milliards en 2022, un record jamais atteint.

Organiser la contre-offensive du monde du travail et de la jeunesse

Attaques contre les retraites, les salaires, les droits des chômeurs, les services publics… l’offensive des classes dominantes est globale pour alimenter la machine à profits et notre riposte doit être globale pour inverser le rapport des forces et gagner sur les retraites, sur les salaires et les pensions, mettre un coup d’arrêt au transfert des richesses du travail vers le capital, le seul objectif des classes possédantes et de Macron à leur service.

Le succès de la journée du 19 janvier est un premier pas dans la riposte du monde du travail, mais pour l’emporter, nous ne pouvons compter ni sur les batailles parlementaires, ni sur les directions syndicales, intégrées au dialogue social et à la concertation avec le gouvernement et le patronat. Elles n’appellent à rien d’autre qu’à une nouvelle journée le 31 janvier, sans poser clairement la perspective d’un affrontement et de la nécessité d’une grève reconductible pour faire plier Macron jusqu’au retrait.

Beaucoup de travailleur.es, de militant.es, de jeunes en prennent conscience et discutent et s’organisent pour la suite. Des collectifs, interpros qui s’étaient constitués lors de la dernière grève des retraites de 2019 ont repris contact, de nouveaux liens se tissent dans les luttes qui se multiplient sur les conditions de travail, les salaires. Notre avenir dépendra de notre capacité à prendre nous-mêmes nos affaires en main, à nous organiser démocratiquement, en toute indépendance, à diriger nous-mêmes nos luttes pour inverser le rapport de force dans la perspective de faire tourner nous-mêmes la société dans l’intérêt de toutes et tous.

Vendredi 20 janvier

la breche