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Il y a 15 jours Oxfam révélait que « la fortune des milliardaires a davantage augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie […] Avec les 236 milliards d’euros supplémentaires engrangés en 19 mois par les milliardaires français, on pourrait quadrupler le budget de l’hôpital public ou distribuer un chèque de 3500 euros à chaque Français-e ».

Cette semaine, c’est la fondation Abbé Pierre qui rendait son rapport annuel. Les chiffres sont terribles. 4 millions de personnes sont sans logement ou mal logées : 300 000 personnes sont sans domicile fixe ; 100 000 vivent dans des habitations de fortune ; 643 000 sont hébergées chez des proches ; 25 000 dans des hôtels ; 208 000 personnes de la communauté des gens du voyage vivent dans des conditions dégradantes ; 31 000 travailleurs migrants dans des foyers en attente de rénovation.

Début décembre, près de 4 000 personnes ont appelé chaque soir en vain le 115. Sur la seule commune de Bordeaux, au cours de la « nuit de la solidarité » organisée du 20 au 21 janvier, les associations ont comptabilisé au cours des maraudes 561 personnes sans abri. Chiffre que la Préfète a eu le culot de contester, alors même qu’il est sous-évalué !

Au niveau national, le nombre de personnes sans domicile a doublé depuis 2012 et triplé depuis 2001. La Fondation a compté 2,8 millions de personnes vivant « dans des conditions de logement très difficiles » et 12,1 millions de personnes « fragilisées par rapport au logement » qui ont du mal à payer loyers, charges ou ne peuvent se chauffer.

Jamais il n’a été construit aussi peu de logements sociaux depuis 15 ans. Il en manque aujourd’hui 1,5 million pour faire face à la demande. Les loyers des logements du parc privé les rendent inaccessibles au plus grand nombre.

Et alors que la crise et la pandémie ont fragilisé les plus pauvres et les précaires, la réforme des APL a permis à l’Etat d’« économiser » 4 milliards par an. Ceux dont les revenus sont entre 800 et 1 300 € ont en moyenne perdu 95 € par mois.

Situation dramatique des hôpitaux, des maisons de retraites, mais les profits vont bien

Mardi soir, plus aucun service d’urgence de la métropole n’avait de lit disponible. Pour tenter de faire face à cette situation inédite, des tentes prévues pour des situations de catastrophe ont été installées au CHU. « Une situation de catastrophe qui montre bien qu’on a touché le fond » ont dénoncé des médecins, « cette médecine de catastrophe, de guerre en temps de paix dans un hôpital public français n’est pas acceptable ! ».

Il y a bien une « guerre » à l’origine de cette situation catastrophique : la guerre de classe que mènent les ultras riches contre la population, les travailleurs, les jeunes, les pauvres pour que grossissent les profits, quelles qu’en soient les conséquences.

Le scandale d’Orpéa illustre le cynisme des capitalistes... et de tous ceux qui font mine de s’indigner.

La vieillesse, la dépendance, la maladie sont source de profits faramineux, et l’argent vient bien de quelque part : de l’exploitation des travailleuses et travailleurs, du pillage des caisses publiques et de l’appauvrissement de la population.

Travailleur.ses, chômeur.ses, jeunes, à nous de prendre les choses en main !

Les luttes se multiplient pour les salaires comme chez Dassault, Thalès, Safran…, pour l’emploi, contre la destruction du système de santé, du secteur social, de l’éducation et de l’ensemble des services publics… Après les journées de mobilisation dans la Santé le 11 janvier, dans l’Education les 13 et 20 janvier, après la journée intersyndicale interprofessionnelle qui a réuni plus de 4000 personnes dans la manifestation de Bordeaux, c’était le 1er février au tour des travailleurs sociaux d’être une nouvelle fois dans la rue aux côtés des salariés de Pôle Emploi et des personnels de réanimation. Jeudi, les enseignants du lycée Elie Faure et leurs soutiens étaient rassemblés contre la suppression de postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Vendredi, comme chaque semaine désormais, un rassemblement a lieu à 14h à l’hôpital Pellegrin comme dans de nombreux hôpitaux pour dénoncer la « mort de l’hôpital ».

Les mécontentements, le ras-le-bol, la révolte sont communs à tous les travailleurs, aux classes populaires, à la jeunesse.

Face à l’incurie du gouvernement, au cynisme, au mépris, à la violence des capitalistes, il ne pourra y avoir d’issue sans que nous prenions nous-mêmes les choses en main. La suite dépendra de notre capacité de nous regrouper, à nous organiser dans les entreprises, les quartiers, les lieux d’étude, pour prendre nous-mêmes le contrôle de la marche de la société.

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