Le débat sur le budget de l’Etat agite députés et sénateurs depuis des semaines. Quelle que soit la façon dont s’achèvera cette mascarade parlementaire, le budget qui en sortira sera un budget de guerre contre les travailleur·es, les retraité·es, la jeunesse.

Et tandis que le PS aura de nouveau sauvé Lecornu de la cen­sure, la « démocratie » parlementaire aura une fois de plus montré son impuissance face à la volonté du gouvernement et de ses donneurs d’ordres, le CAC40, les capitalistes à la Arnault, Bolloré et compagnie.

Pour ce petit monde de nantis et les politiciens qui les sou­tiennent, pas question d’égratigner leur pactole, comme le proposait la taxe « Zucman », même si elle ne prévoyait d’augmenter que de 2 % les impôts des 1800 plus riches. Eux qui sont les premiers responsables du déficit public qui se creuse et de l’endettement de l’Etat qui explose !

Cette situation est le produit de milliards de subventions, d’exonérations de cotisations sociales, d’impôt et de niches fiscales accordés aux grandes entreprises depuis plus de 40 ans. Cadeaux évalués à au moins 211 milliards par an selon les sénateurs eux-mêmes. C’est un siphonnage direct de l’argent public vers la grande bourgeoisie, qui n’a jamais été aussi riche. Le patrimoine des 500 plus gros propriétaires d’entre­prises a été multiplié par 9,3 entre 2003 et 2023, + 844 %.

Et ce serait une fois de plus à nous, travailleur·es, jeunes, retraité·es de payer la facture alors que notre situation ne cesse de se dégrader. Quel que soit le budget qui sera adopté, l’attaque porte sur au moins 7,1 milliards d’économies sur le seul budget de la sécu mais aussi sur le doublement des fran­chises médicales, la baisse ou le gel des prestations sociales, des suppressions de postes dans l’éducation nationale et les hôpitaux, jusqu’à une taxe sur… les chèques vacances. Et le PS ose se féliciter de la suspension de la réforme des retraites de 2023, négociée avec Lecornu en échange de la non cen­sure du gouvernement, une suspension qui ne va que jusque janvier 2028 et est déjà remise en cause par le Sénat ?…

Les politiciens hypocrites agitent le nationalisme

Tandis qu’ils nous font les poches, leur propagande nationa­liste se poursuit de plus belle. Tous les terrains sont bons : militarisme contre la prétendue menace russe, politique anti-migrants, etc…

Dernière en date, la campagne contre l’implantation de ma­gasins Shein en France, plus généralement contre l’ensemble des plateformes de commerce en ligne chinoises.

Les mêmes qui il n’y a pas si longtemps fermaient leurs usines ici pour aller exploiter les travailleurs chinois voudraient nous faire croire aujourd’hui qu’ils veulent nous protéger des pro­duits venus de Chine, dénoncés pour leur prétendu manque de qualité, montant en épingle la présence sur ces plate­formes de produits pédopornographiques.

Leur indignation hypocrite n’est en réalité qu’une offensive protectionniste, tenter de s’opposer à la concurrence de produits bon marché en essayant de nous faire culpabili­ser : acheter chinois parce que c’est meilleur marché que le « made in France » serait un manque de civisme, de « patriotisme économique » !

Comme si ce n’était pas avant tout un manque de moyens, de salaires, le résultat de leur politique de casse sociale, le produit aussi d’un système économique en cours d’effondre­ment.

Une société malade qui doit tomber

Car leur politique de régression sociale, leur fuite en avant dans le militarisme et le protectionnisme est en réalité la réponse du grand patronat et de ses serviteurs politiques à la dégradation générale du système économique dont ils tirent leur richesse.

Leur société est en train de s’effondrer. La recherche perma­nente de profits entraîne la concurrence entre entreprises, entre États, conduit à la guerre. Et dans cette recherche per­manente de profits, c’est nous, les travailleurs et les classes populaires, qui servons de variable d’ajustement au prix d’une surexploitation sans précédent.

La seule façon de changer les choses, c’est que nous prenions nos affaires en main, en nous organisant avec tous ceux qui n’en peuvent plus de ce système, en toute indépendance des institutions et des partis qui les servent, « par la lutte, par l’action », en osant poser le problème de retirer aux capita­listes qui mènent la société dans le mur leur droit de conti­nuer à la diriger.

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