Le succès de la journée d’action du 12 septembre, avec 400 000 manifestants dans une multitude de villes grandes et petites est un signe et un encouragement. Le signe que pour une partie des travailleurs, de la jeunesse, le temps est venu de répondre à l’offensive que mènent Macron et son gouvernement pour le compte des patrons, et cela par la grève et dans la rue. Un encouragement à poursuivre et approfondir un mouvement qui ne fait que commencer et doit se donner, pour se développer, les moyens de s’organiser, de s’unifier, mais aussi des objectifs politiques, au-delà de l’exigence du retrait des ordonnances.

La logique destructrice de décennies de politiques au service des profits

Macron est arrivé au pouvoir sur l’effondrement des partis de gouvernement, PS et LR, conséquence de décennies passées à imposer reculs sociaux sur reculs démocratiques. Mais c’était pour mener la même politique, en l’aggravant.

Cette politique a montré depuis longtemps qu’elle ne fait qu’accentuer les inégalités sociales. Des milliards de profits s’accumulent aux sommets de la finance, alimentant la folie spéculative qui prépare un nouvel effondrement financier, tandis que l’économie s’enfonce dans la stagnation, avec son cortège de chômage de masse et de précarité. Le tout dans un contexte de concurrence internationale exacerbée, d’escalade guerrière, de catastrophe écologique annoncée…

Macron s’était présenté comme un barrage à Le Pen. C’était un leurre. Le FN, divisé, est aujourd’hui affaibli par son (relatif) échec électoral. Mais les conséquences sociales dramatiques que la politique de Macron ne peut manquer de créer, si on la laisse se développer, risquent bien de fournir au FN, sans tarder, l’opportunité de se refaire une santé. Et c’est aussi sur cela que compte Wauquiez pour ressusciter LR, à droite toute…

Telle est la logique sociale, économique, politique de cette brutale offensive dans la guerre de classe menée par le petit soldat Macron et l’armée de DRH et de petits patrons qui lui sert de majorité, pour grossir les dividendes déjà bien fournis des vautours du CAC40.

Donner une perspective politique à nos luttes

En répondant massivement à l’appel à la grève et à manifester le 12, le monde du travail et la jeunesse ont montré la seule issue possible à cette logique destructrice.

Les semaines de fausses discussions entre le gouvernement et les directions syndicales qui se sont empressées de se plier au jeu pipé du « dialogue social » ne pouvaient bien évidemment apporter aucune inflexion à l’offensive patronale. Et c’est la pression des militants du rang, des travailleurs, qui a poussé les organisations aux appels du 12 puis du 21, du 25 dans les transports, du 10 octobre pour la Fonction publique, etc…

Mais il faudra, tout le monde le sait bien, autre chose qu’une succession de journées d’actions pour stopper l’offensive en cours. Le mouvement, pour faire face à l’offensive politique de la bourgeoisie, se développer, s’unifier, a besoin de se fixer ses propres perspectives politiques.

Ces perspectives ne peuvent se placer dans le cadre parlementaire, contrairement à ce qu’affirment Mélenchon et la France insoumise qui appellent à manifester le 23 contre le « coup d’Etat » des ordonnances. La solution à la guerre sociale que mène le patronat à l’échelle mondiale ne peut résider dans un changement de majorité parlementaire dans le cadre des institutions nationales. Le croire est une illusion dangereuse, le peuple grec, en portant Tsipras et Syriza au pouvoir, en a fait l’expérience dramatique.

Comme nous l’avons défendu au cours de la présidentielle à travers la campagne de Philippe Poutou, seul le monde du travail, en « prenant ses affaires en main », peut offrir une issue à la logique destructrice d’un capitalisme en faillite.

« Prendre nos affaires en main », c'est-à-dire nous mobiliser et nous organiser, démocratiquement, pour non seulement donner, avec nos armes de classe, la grève, les manifestations, un coup d’arrêt aux offensives, mais aussi imposer les mesures sociales, économiques, écologiques et politiques indispensables pour sortir de la course à la catastrophe à laquelle nous condamne la folie capitaliste.